PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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Le tablier est alors trop faible pour soutenir la voie et sa surcharge, surtout sicette voie aune chaussée d’empierrement ; mais on peut lui donner la force suffisanteau moyen d’un troisième cours de poutrelles traversant les mailles formées par les2 premiers cours et s’appuyant sur les tympans.
Si le tablier précédent appartient à un pont suspendu au lieu d’appartenir à unpont fixe, il est préférable d’établir le troisième cours de poutrelles parallèlement auxtêtes, afin d’augmenter la rigidité longitudinale du tablier.
EXPÉRIENCES FAITES SUR UN TABLIER.
Pour s’assurer jusqu’à quel point devaient se réaliser leurs idées sur la résistancedes tabliers en réseau, MM. Cadiat et Oudry ont fait construire par M. Kaulek, méca-nicien , une portion de tablier qu’ils ont soumise à de nombreuses expériences, aux-quelles nous avons pu assister, en présence de M. Poirée et de plusieurs autres ingé-nieurs. On a constaté la résistance à la flexion et l’influence de l’entrelacement despoutrelles sur la répartition des charges.
Les expériences ont été faites, à différentes reprises, dans le local du dépôt desforges de la Providence, quai Jemmapes. Nous donnons ci-après le tableau de ces ex-périences :
La première colonne horizontale indique les numéros des expériences, et les chargesplacées sur le tablier sont indiquées dans la seconde. Toutes les colonnes horizon-tales qui suivent contiennent les flexions dans le sens vertical, observées aux diverspoints du réseau , sous les différentes charges.
La première colonne verticale contient l’indication des différents points de ren-contre des poutrelles auxquels se rapportent les flexions observées.
Les onze premières expériences sont relatives à des charges croissantes et répartiesuniformément sur le carré 1-2-3-4 (fig. 17, pl. 11). La douzième est la même quela onzième; seulement le poids de 200 kilog., qui complète la charge de 12,000 kil.,a été placé au milieu, au lieu d’être uniformément réparti. Ces douze premières ex-périences ont eu lieu le 7 mars 1851.
La treizième expérience a eu lieu le 11 mars, et la charge de 12,000 kilog. a étélaissée sur le tablier pendant tout l’intervalle qui sépare les deux expériences. Cettedernière semble indiquer une augmentation dans les flexions, qui serait due à la per-manence de la charge : cependant, si l’on remarque que toutes les hauteurs ont aug-menté d’une quantité constante, égale à 2 millimètres, on serait en droit de conclureque les flexions n’ont pas augmenté, et que l’augmentation observée dans la hauteurn’est que le résultat du tassement des appuis. Ce tassement est d’autant plus probableque, du 7 mars au 11 mars, la pluie a tombé avec abondance. Après la treizièmeexpérience, on a retiré 10,200 kilog. de la charge, et la colonne du n° 14 contient lesflèches sous la charge réduite à 1,800 kilog.
La colonne n° 15 contient les flexions conservées aux différents points du réseau,après l’enlèvement total de la charge; mais il faut observer que, d’après les chiffresde cette colonne, les flèches sont augmentées du tassement des points d'appui et dela quantité dont les poutrelles ont dû se mouvoir, lors de la première charge, pours’appuyer les unes sur les autres. Il y aurait ainsi une quantité constante, plus oumoins grande, à chaque point, qu’il faudrait déduire des hauteurs mesurées pourobtenir les véritables flexions éprouvées par les poutrelles.