fONT FIXE. 161
largeur, soit en augmentant leur hauteur; si l’on prend le premier parti, le poids dela poutrelle formant côté de maille, croît proportionnellement à sa longueur,
c’est-à-dire à -;
sin a
la somme des longueurs de fer employé étant proportionnelle à -, la dépense
cos a
totale est proportionnelle à -,
sin « cos a
1
c’est-à-dire à --.
sin 2 a
Le minimum de dépense correspond au maximum de sin 2 a,c’est-à-dire à 2 a = 90°, ou a = 4S°.
Ainsi, dans l’hypothèse faite, le minimum de dépense correspond, au cas où lespoutrelles se croisent, à 45° sur l’axe du pont, c’est-à-dire se coupent à angle droit.
Comme la question d’économie de fer n’est pas la seule,à considérer, puisque lespoutrelles enlaçantes et les poutrelles enlacées doivent non-seulement se prêter unmutuel appui pour résister à l’action d’une charge passagère, mais aussi s’entretoisermutuellement, de manière à rendre tout mouvement de flexion ou de torsion impos-sible, on est conduit à ne pas adopter l’angle droit pour l’angle de croisement.
Si l’on considère les poutrelles a cet bd (fig.B,pl.11), on voit en effet que celle ac,enlacée, est buttée par les abouts des croix de saint André qui forment le remplissagede l’autre, de manière à ne pouvoir se déverser et se fausser, quel que soit l’angle decroisement, qu’elle fatigue d’autant moins la poutrelle enlaçante pour rester en place,que cet angle est plus près de l’angle droit; mais que, d’un autre côté, la poutrelleenlaçante est d’autant plus entretoisée, que l’angle de croisement a o b est plus aigu,puisque alors la partie b o tend à glisser sur la poutrelle a c en allant vers c, tandisque la partie d o tend à glisser sur cette même poutrelle a c en allant vers o, et queces deux mouvements simultanés sont impossibles.
Un bon entretoisement des poutrelles conduisant à l’adoption d’un angle aigu pourl’angle de croisement, et l’économie demandant que cet angle se rapproche autantque possible de l’angle droit, il convient d’adopter un angle de 70° à 80°.
Lorsque la largeur d’un tablier est grande, la longueur des poutrelles devient tropconsidérable pour que l'on puisse les faire avec une seule bande de fer laminé, etl’on est presque forcé d’employer exclusivement des poutrelles évidées ; mais on peut,alors, pour bien les entretoiser mutuellement et augmenter leur force, couper lesmailles par un troisième cours de poutrelles placées suivant l’une ou l’autre diagonaledes mailles. Ce troisième cours peut être fait avec des poutrelles pleines ou avec despoutrelles évidées.
Si un tablier de pont fixe doit avoir, outre la voie, deux trottoirs, il convient deplacer les tympans sous les lignes ab, cd (fig. 21, pi. 10), puis de former le tablier dedeux cours de poutrelles entrelacées, évidées, assez fortes pour que celles-ci étantsupposées encastrées sur les lignes ab,cd, elles puissent supporter le poids destrottoirs et celui de leur surcharge.
VIII.
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