PONT FIXÉ.
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quels reposent les bouts des pièces du tablier. Des ligatures en fil de fer créunissent ces tiges et ces liens entre eux à tous leurs points de jonction,ainsi qu’avec les lignes horizontales qui composent la balustrade G et quise trouvent dans le môme plan vertical.
Les fig. 25 et 26 montrent bien le mode d’assemblage des liens avec leschaînes de suspension, et les flg. 27 et 28 celui des tringles verticales avecles mêmes chaînes. Ces tringles, terminées à chaque bout par un œil, s’a-daptent par leur partie supérieure à l’anneau d’un boulon à double écrou aqui traverse le centre d’un axe à double tourillon t', par lesquels il se relieavec les chaînes, comme les premiers tourillons t.
MM. Cadiat et Oudrv construisent en ce moment plusieurs ponts en ferpour le midi de la France et pour plusieurs autres contrées. Les avantagesque l’on a constatés par l’emploi de leur système, les économies considé-rables qu’ils sont arrivés à produire comparativement à d’autres construc-tions du même genre, leur font obtenir des commandes importantes qu’ilsméritent d’autant mieux qu’ils ont fait à cet égard les études les plus com-plètes, et qu’ils ont acquis par suite une très-grande expérience.
En 1850, M. Cadiat, sur le concours ouvert par le gouvernement prus-sien, qui appelait alors les ingénieurs de toutes les nations pour la con-struction d’un pont sur le Rhin , à Cologne , fit un très-beau projet, qui,tout en résolvant les difficultés de la position même, démontrait par lemémoire, comme par les nombreux dessins qui l’accompagnaient, que cethabile ingénieur avait complètement résolu toutes les questions, et que lepont construit d’après ses données aurait parfaitement rempli le but. Mais,comme il arrive souvent, nous le disons avec peine, on ne daigna seule-ment pas accuser réception à M. Cadiat des importantes pièces qu’il avaitenvoyées à l’administration, et, chose curieuse, après avoir gardé le projetpendant près d’une année, on ne voulut même pas le rendre à son auteur.Ce n’est qu’après des démarches sans nombre, et après s’être adressé àl’ambassade française, qu’il put enfin obtenir qu’on lui retournât son mé-moire et son portefeuille, et cela toujours sans recevoir un seul mot.
Nous sommes, du reste, un peu habitués à cette manière d’être traitésde la part de la Prusse. Combien de fois n’avons-nous pas vu des demandesde brevets refusées sans raison, sans motifs plausibles, mais simplementparce que le comité auquel ces sortes de demandes sont soumises, et quia l’extrême prétention de tout connaître, ne craint pas d’avancer qu’aprèsexamen, l’invention ne présente rien de nouveau. A notre point de vue, ilnous semble qu’il serait plus franc et plus libéral de dire aux inventeurs ouimportateurs : « Notre pays ne délivre pas de privilège pour les inventions«ni pour les perfectionnements; il veut bien, comme le fait la Suisse ,« profiter de vos découvertes gratuitement et comme il l’entendra, mais il« ne veut pas avoir à les acheter, lors même que vous lui payeriez une rede-« vance, comme dans les autres pays plus libéraux. »
Dans une prochaine livraison nous donnerons en détail le prix de con-struction du pont suspendu de Castel-Franc, dans lequel on fait emploid’un tablier en fer avec poutrelles entrelacées.