MOULIN A VENT.
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et le meunier s’enrichit; tandis que le fermage d’un moulin à vent de Montmartre n’est que de bOO francs, et suffit à peine à l’existence du meunier. La principalecause de cette différence dans les produits annuels est le chômage (1) qui a nécessai-rement lieu lorsque le vent est trop faible ou trop fort. Les meilleurs moulins à ventsont, pour la mouture du blé, fort inférieurs aux moulins mus par une force con-stante, telle que l’eau avec chute ou la vapeur, non-seulement pour la quantitéde farine qu’ils peuvent produire annuellement, mais encore pour la qualité. »
( Hachette. — Bulletin de la Société d’Encouragement, année 1842, page 293.) (1)
M. Francœur, dans son Dictionnaire technologique (art. Moulin à vent),dit :
« Le vent est un moteur qui ne coûte rien ; les courants d’eau n’existent au con-traire qu’en certaines localités et coûtent très-cher; on n’en peut disposer qu’enménageant d’autres droits, ou s’exposant à des procès; il faut éloigner les barrages,et ces obstacles à l’établissement des roues hydrauliques font préférer bien souventles moulins à vent. Mais ces machines agissent d’une manière si irrégulière, ellessont si souvent réduites à chômer, les réparations qu’elles exigent sont si coûteuses,qu’on ne s’en sert guère qu’à défaut d’autres moyens. Toutes les opérations quiexigent une force constante doivent les repousser ; elles ne conviennent qu’à cellesqui ne demandent le concours que d’un petit nombre de bras, et dont on peut, sansinconvénient notable, augmenter, diminuer ou interrompre le travail. »
« On estime qu’un moulin à vent chôme pendant un tiers du temps et qu’il tra-vaille peu pendant un autre tiers ; en sorte que les résultats qu’on obtient ne peuventguère s’évaluer qu’à celui que donnerait la force moyenne d’un vent de 7 à 8 mètresde vitesse par seconde, agissant seulement pendant le tiers de l’année. Le capital, leshommes dorment pendant la durée de ces repos forcés (2), les pertes se renouvellentet grèvent la fortune des propriétaires; aussi, ces derniers prospèrent-ils médiocre-ment. »
Les meuniers à vent que M. Herpin a visités en Angleterre ne lui ontpas paru beaucoup plus à l’aise que leurs confrères de France .
Les moulins à vent ne deviendront réellement avantageux , dit M. Fier-pin, que quand ils pourront s’orienter d’eux-mémes, au moyen de méca-nismes simples, peu dispendieux et sûrs, et régler spontanément leurvoilure ainsi que la marche et la hauteur des meules. Il existe déjà, enAngleterre et en Hollande, plusieurs moulins à vent qui sont pourvus desmécanismes dont nous avons parlé plus haut, mais ils sont trop coûteuxet ne fonctionnenl pas toujours avec la régularité désirable; ils attendentencore des perfectionnements et des améliorations indispensables.
EXPLICATION DES FIGURES DE LA PLANCHE 13.
La iig. 1 représente le moulin en éléva-tion du côté des ailes. Une portion, celle dedroite, est figurée avec la charpente à nu;
l’autre, celle de gauche, est au contraire in-diquée entièrement couverte.
La fig. 2 est une coupe verticale faite pa-
ît) Le chômage a des résultats moraux bien plus funestes encore, — souvent les hommes devien-nent oisifs, joueurs, débauchés et infidèles.
(2) Observons cependant qu'aujourd’hui les établissements ne sont plus dans des conditions aussifavorables qu’il y a une vingtaine d’années, à cause de la concurrence et du trop grand nombre demoulins qui ont été montés à l’anglaise, surtout dans les environs de la capitale. — An.
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