Band 
Tome huitième.
JPEG-Download
 

MOULIN A VENT.

209

et le meunier senrichit; tandis que le fermage dun moulin à vent de Montmartre nest que de bOO francs, et suffit à peine à lexistence du meunier. La principalecause de cette différence dans les produits annuels est le chômage (1) qui a nécessai-rement lieu lorsque le vent est trop faible ou trop fort. Les meilleurs moulins à ventsont, pour la mouture du blé, fort inférieurs aux moulins mus par une force con-stante, telle que leau avec chute ou la vapeur, non-seulement pour la quantitéde farine quils peuvent produire annuellement, mais encore pour la qualité. »

( Hachette. Bulletin de la Société dEncouragement, année 1842, page 293.) (1)

M. Francœur, dans son Dictionnaire technologique (art. Moulin à vent),dit :

« Le vent est un moteur qui ne coûte rien ; les courants deau nexistent au con-traire quen certaines localités et coûtent très-cher; on nen peut disposer quenménageant dautres droits, ou sexposant à des procès; il faut éloigner les barrages,et ces obstacles à létablissement des roues hydrauliques font préférer bien souventles moulins à vent. Mais ces machines agissent dune manière si irrégulière, ellessont si souvent réduites à chômer, les réparations quelles exigent sont si coûteuses,quon ne sen sert guère quà défaut dautres moyens. Toutes les opérations quiexigent une force constante doivent les repousser ; elles ne conviennent quà cellesqui ne demandent le concours que dun petit nombre de bras, et dont on peut, sansinconvénient notable, augmenter, diminuer ou interrompre le travail. »

« On estime quun moulin à vent chôme pendant un tiers du temps et quil tra-vaille peu pendant un autre tiers ; en sorte que les résultats quon obtient ne peuventguère sévaluer quà celui que donnerait la force moyenne dun vent de 7 à 8 mètresde vitesse par seconde, agissant seulement pendant le tiers de lannée. Le capital, leshommes dorment pendant la durée de ces repos forcés (2), les pertes se renouvellentet grèvent la fortune des propriétaires; aussi, ces derniers prospèrent-ils médiocre-ment. »

Les meuniers à vent que M. Herpin a visités en Angleterre ne lui ontpas paru beaucoup plus à laise que leurs confrères de France .

Les moulins à vent ne deviendront réellement avantageux , dit M. Fier-pin, que quand ils pourront sorienter deux-mémes, au moyen de méca-nismes simples, peu dispendieux et sûrs, et régler spontanément leurvoilure ainsi que la marche et la hauteur des meules. Il existe déjà, enAngleterre et en Hollande, plusieurs moulins à vent qui sont pourvus desmécanismes dont nous avons parlé plus haut, mais ils sont trop coûteuxet ne fonctionnenl pas toujours avec la régularité désirable; ils attendentencore des perfectionnements et des améliorations indispensables.

EXPLICATION DES FIGURES DE LA PLANCHE 13.

La iig. 1 représente le moulin en éléva-tion du côté des ailes. Une portion, celle dedroite, est figurée avec la charpente à nu;

lautre, celle de gauche, est au contraire in-diquée entièrement couverte.

La fig. 2 est une coupe verticale faite pa-

ît) Le chômage a des résultats moraux bien plus funestes encore, souvent les hommes devien-nent oisifs, joueurs, débauchés et infidèles.

(2) Observons cependant qu'aujourdhui les établissements ne sont plus dans des conditions aussifavorables quil y a une vingtaine dannées, à cause de la concurrence et du trop grand nombre demoulins qui ont été montés à langlaise, surtout dans les environs de la capitale. An.

14

VIII.