MÉTIER A TULI.E.
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En France , le premier brevet pour une machine à faire le tulle fut prisen 1791, suivant M. Alcan (Essai sur l’industrie des matières textiles ),par MM. Jolivet et Cochet, de Lyon , qui s’occupèrent beaucoup de per-fectionner les machines à tricot, et demandèrent plus tard, à plusieursreprises encore, des brevets à ce sujet.
MM. Jourdan père et fils, de Lyon , appliquèrent aussi, en 1802, la ma-chine à tricot à la confection du tulle.
Un brevet d’invention a été demandé, en 1804, par MM. Moor et Ar-mitage, à Paris . Leur machine était également un métier à tricot per-fectionné. Voici comment elle fonctionnait : Des aiguilles à bec recourbécomme celles des métiers à tricot étaient disposées horizontalement à côtéles unes des autres. De deux en deux, dans les intervalles laissés entre ellesfonctionnaient des pièces de forme particulière, et que les inventeursnommaient porte-mailles. Ces pièces remplissaient une partie des fonctionsdes platines des métiers à tricot, et avaient encore d’autres emplois pourla formation des points.
Ces porte-mailles étaient fixés vis-à-vis des aiguilles, et un peu plus basqu’elles, sur un châssis tournant à charnière sur un autre châssis, lequelétait aussi fixé au métier par des pivots, sur lesquels il pouvait tourner.Cette combinaison de châssis permettait d’imprimer à ces porte-mailles,entre les aiguilles, un mouvement de bas en haut, d’arrière en avant, ouun mouvement intermédiaire quelconque. On faisait marcher ces piècesau moyen de poignées placées de chaque côté du châssis des porte-mailles.
On plaçait dans les aiguilles un morceau d’étoffe traversé par elles, etcontre lequel venaient s’appuyer les porte-mailles; c’est entre ceux-ci et lebec des aiguilles que le fil venait s’étendre.
Le cueillage s’effectuait par le moyen bien connu et employé dans beau-coup de métiers, de la roulette oblique à palettes ayant pour double effetde former les ondes et d’engager le fil sous les becs. Alors la presse avaitlieu, on rejetait le morceau d’étoffe sur les mailles, et les porte-mailles setrouvaient ainsi serrés entre l’étoffe et le fil qui formait de petites bouclesde deux en deux aiguilles.
Les porte-mailles remontaient et faisaient passer dans la boucle, danslaquelle chacun d’eux se trouvait, les deux aiguilles adjacentes.
On dégageait les porte-mailles après qu’on avait repoussé l’ouvrage enarrière sur les aiguilles.
On répétait alors cette opération, seulement les porte-mailles se trou-vaient enfermés, après l’abattage de l’ouvrage, entre le fil des nouvellesboucles et les anciennes, au lieu du morceau d’étoffe qui ne servait qu’àcommencer la pièce Cette double opération ne formait encore qu’unerangée de demi-points; pour compléter les mailles, on répétait ces mêmesopérations en engageant les porte-mailles dans les autres intervalles desaiguilles, de deux en deux, qu’ils n’occupaient pas d’abord.
Pour cela, le châssis porteur des porte-mailles devait avoir sur ses pivotsVIII. 24