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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
Ces deux rangées obliques ne sont au fond qu’une même sorte de fils,car chaque fois qu'un fil a traversé entièrement la pièce dans un sens, ilse tord avec le (il extérieur de la chaîne, pour former lisière, et de là iltraverse de nouveau la pièce dans le sens opposé.
Tel est le tissu qu’on cherchait à produire au moyen des machines;là n’était pas encore toute la difficulté ; on demandait, en outre, pour at-teindre à la hauteur des ouvrages faits à la main, de former, en ména-geant habilement des jours dans le tissu, des dessins variés suivant legénie ou le caprice du fabricant.
C’est ce à quoi on est arrivé, avec un très-grand degré de perfection,soit à Calais , soit en Angleterre, en appliquant au métier à tulle, connusous le nom de métier à double barre, métier circulaire (1), systèmeLevers, etc., le mécanisme à la Jacquart.
La machine dont nous avons particulièrement à nous occuper est deconstruction anglaise. Le point qu’elle produit n’est pas pareil à celui in-diqué ci-dessus; c’est une variété de tulle que nous décrirons, du reste,plus loin.
Nous croyons que le degré de perfection, obtenu aujourd’hui, quantala régularité de l’ouvrage et la variété des dessins , ne laissera plus rien àdésirer.
L’idée de l’application du mécanisme Jacquart, à la fabrication du tulle,n’est pas nouvelle; déjà en août 1824, MM. Colas et Delompnès, deLyon , prirent un brevet à ce sujet; d’autres personnes s’en occupèrentaussi à plusieurs reprises, mais les divers essais qu’on en avait faits n’a-vaient pas été couronnés du plein succès qu’a obtenu la dernière inventiondont nous venons de parler.
Avant d’arriver à la construction des machines spéciales pour la fabrica-tion du tulle, on s’était d’abord appliqué à apporter aux métiers ordinairesà tricot, des perfectionnements qui les rendissent propres à fabriquer lepoint de dentelle. Il paraît que ces métiers ont été conservés fort long-temps par certains fabricants, peut-être à cause du manque de publicité oude la protection des brevets qui couvraient les nouveaux systèmes, carnous trouvons qu’en 1841 encore, MM. Gervais, Maréchal et Bride,de Lyon , s’occupaient à inventer un moyen perfectionné de fixer les ai-guilles et les platines dans ces métiers, en supprimant les fontures deplomb.
On se donna ainsi, dès l’abord, beaucoup de peine pour trouver desmoyens de faire ce point de dentelle, à l’aide d’un seul et môme fil se dé-roulant à mesure que l’ouvrage se faisait, ce qui était beaucoup plus diffi-cile et compliqué que de le produire au moyen de deux ou plusieurs sériesde fils, comme cela se fait maintenant.
(I) Ce nom de circulaire provient sans doute des moyens employés pour lui communiquer lemouvement, ou peut-être aussi du mouvement de ses bobines ou navettes qui décrivent un arcde cercle, car la forme du métier n’est, pas circulaire.