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former des dessins tranchant plus avec le fond que ceux qu’on avait faitsjusqu’alors au moyen de la chaîne générale. Ces dessins imitant la brode-rie, il donna à sa machine le nom de brodeuse.
Son métier était muni d’aiguilles, de platines et d’une presse, semblablesà celles des métiers à tricot. Des barres portant des platinettes à doubletrou, par lesquelles passaient les fils, recevaient de la machine un mouve-ment de va-et-vient propre à développer les fils sur les aiguilles.
Le battant et les broches du Jacquart étaient remplacés par un tambourarmé de 1,800 touches (nombre qui, du reste, pouvait varier suivant lesdessins). Ce tambour, qui avait quelque analogie avec le cylindre desboites à musique, agissait sur un clavier ou une rangée de touches quicommandaient les platinettes à double trou, et par conséquent les fils.
Il est inutile de faire remarquer l’avantage du mécanisme Jacquart,proprement dit, sur le système employé par M. Alais qui restreignait lavariété du dessin au nombre et à la disposition des touches semées surle tambour.
Cette machine avait, sur celles précédemment décrites, un autre avan-tage, celui d’être mise en mouvement par la rotation continue d'une mani-velle à laquelle on pouvait appliquer tout autre mouvement que le brasd’un ouvrier, ce qui permettait à un homme de surveiller deux machinesà la fois.
Antérieurement à ces dernières inventions, avait été faite en Angleterreune découverte qui devait par sa supériorité faire rejeter presque complè-tement tous les systèmes de métiers à tulle employés jusqu’alors. C’est lesystème qui est connu généralement sous le nom de système Leavers oumétier à tulle bobbin.
Nous croyons pouvoir affirmer qu’une ressemblance de noms a fait àtort appeler du nom de Leavers ce système, qui paraît être l’invention deM. Levers de Nottingham ; nous regrettons que les documents que nousavons ne nous permettent pas de donner la date, ni la description détailléede cette invention ; nous dirons toutefois que plusieurs inventeurs de cetteépoque attribuent en effet ce système à M. Levers au nom duquel on trouveplusieurs brevets de perfectionnement pris pour cette machine en 1828,1830 et 1835, tandis qu’on ne voit dans les patentes expirées d’Angleterre,à partir de 1815, aucun inventeur du nom de Leavers.
Ce qui expliquerait cette erreur, c’est qu’un fabricant de Rouen portanten effet le nom de Leavers , prit à plusieurs reprises des brevets d’importa-tion et de perfectionnements dans les métiers à tulle.
Ce système est la base des métiers employés généralement de nos jourspour la confection du tulle et appelés métiers à double barre, métiers circu-laires, etc. Nous y trouvons en effet, à l’exception de l’application dumécanisme Jacquart, le principe fondamental du métier à tulle, que nousavons principalement à décrire ; c’est-à-dire que la chaîne se composant dedeux séries de fils se déroule d’une ensouple pour passer par les œils de