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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
deux barres d'aiguilles ou de guides, et sont croisés par les fils de la tramequi se déroulent de bobines montées sur des chariots et marchant dansdes peignes. Ces fils de la trame se tordent avec ceux de la chaîne par unmouvement de va-et-vient qu’impriment à ces derniers les barres deguides. Comme dans les machines modernes, des peignes ou barres depointes pénétrant entre les fils et se relevant opéraient le rentrage du fil etformaient les mailles. Les communications de mouvements se faisaient soità la main, soit au moyen de pédales.
La première importation, en France , de ce système paraît être due àM. John Heathcoath de Tiverton en Angleterre, établi à Paris . — Il prit le8 mai 1820 un brevet d’importation et de perfectionnement de 15 ans, pourdes machines propres à fabriquer la dentelle ou tulle appelé bobbin-net.
Le brevet de M. Heathcoath comprend deux variétés de la même machine,l’une mise en mouvement par les pieds et les mains d’un ouvrier, mais d’unemanière plus expéditive que les moyens employés jusqu’alors, l’autre aumoyen d’une rotation continue. Il nomma la première métier perfectionné,la seconde machine rotative. Du reste, leur différence réside absolumentdans ces communications de mouvement, et le principe en est exactementle même ; c’est le système Levers perfectionné.
M. Heathcoath, dans la description de sa machine, mentionne un autrefabricant, M. Cutts qui, avant lui, avait construit des métiers à tulle d’aprèsle même principe, mais moins complets.
Le tulle exécuté par ces machines était celui que nous avons décrit plushaut et qui est composé de mailles hexagonales ; quatre côtés de ces hexa-gones sont formés par la torsion des fils de trame avec les fils de chaîne,torsion qui force ces derniers à former des zigzags, et les deux autrescôtés, le haut et le bas, sont formés par le croisement des deux séries de filsde trame.
On peut considérer la fabrication du tulle sur ces métiers comme la répé-tition de trois opérations distinctes :
1° La torsion des fils diagonaux avec les fils de chaîne;
2° Le croisement des deux séries de fils diagonaux ;
3° Le rentrage des fils, c’est-à-dire l’action qui serre leur croisement etdonne la forme des mailles, ce qui s’opère par des épingles ou pointes quenous décrirons.
Nous allons essayer de décrire la machine de M. Heathcoath, en nousservant des planches que nous avons sous les yeux, pour toutes les partiesqui se retrouvent semblables dans ces deux inventions, ce qui aura l’avan-tage de mieux faire ressortir les différences et les perfectionnements appor-tés au métier à tulle dans l’appareil actuel.
La pièce de tulle se fait dans un plan vertical et s’enroule, à mesure queles mailles se forment, autour d’un rouleau ou ensouple a 3 (pl.28, fig. 1).Les fils de la chaîne provenant tous d’une ensouple a 2 , qui remplit ainsi lesfonctions des bobines a a', se séparent en deux séries pour passer par les