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Tome huitième.
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FABRICATION FER.

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TRAVAIL DE LAFFINAGE.

Le travail de laffinage, aussi bien que le montage des creusets, varie suivant legenre de fontes que lon a à traiter, et il en est résulté différentes méthodes que londésigne ordinairement par le nom du pays elles ont pris naissance. La méthodeallemande ou comtoise les comprend presque toutes, et se caractérise entre elles parla généralité de ses applications : nous allons nous en occuper.

Toutes les opérations de laffinage se divisent en deux parties : la première com-prend la fusion de la fonte, la deuxième le travail de la pièce.

Fusion de la fonte. Dès que le travail de lopération précédente est terminé,laffineur soccupe de nettoyer le creuset et de détacher les morceaux de scories quiont pu sattacher sur le fond ou sur les plaques latérales. Il fait avancer la gueuse,et, suivant son degré de fusibilité, il la rapproche ou léioigne de laction du vent,il remplit le fond du creuset avec du menu charbon, ajoute des sornes et des scories,porte du gros charbon dans la gueuse et donne le vent ; les scories entrent les pre-mières en fusion et forment le lit sur lequel la matière va se déposer; la fonte fondensuite, et, suivant quelle est grise ou blanche, elles tombent en gouttes qui se dé-carburent en traversant la région du vent, ou en écailles qui ne fondent complète-ment quaprès avoir atteint le fond du creuset.

Pendant ce temps, laffineur soccupe du règlement du vent, de lentretien du feuet de lavancement de la gueuse au fur et à mesure quelle entre en fusion, il donnesouvent issue aux scories pauvres qui se forment, et les fait écouler par de hautespercées dans le cliio, afin que le métal ne reste jamais entièrement découvert.

Il sattache surtout à ce que la masse reste à létat de fusion pâteuse, qui est favo-rable à son travail, la sonde fréquemment avec son ringard, et, suivant quelle esttrop dure ou trop liquide, il augmente lénergie du vent, ou ajoute des scories richesqui concourent à sa coagulation.

Travail de la pièce. Après avoir fondu et préparé de cette manière la quantitéde métal que les dimensions du creuset permettent de traiter, cest-à-dire 60 ou80 kil., on recule la gueuse, et lon procède au désornage, opération qui consiste àdétacher les scories endurcies pour les placer sur la surface du bain, puis on com-mence le travail.

Le travail comprend deux périodes : pendant la première, on complète la décarbu-ration et la purification du métal en soulevant la matière pour lexposer sous toutesses faces à laction du courant dair; pendant la seconde, on réunit toutes les partiesaffinées pour les faire fondre en une seule masse. Cest ce que lon appelle avaler laloupe.

Lorsque la matière a reçu, pendant la fusion, la préparation la plus favorable, laniasse détachée du fond et soulevée par laction du ringard, se divise en trois ouquatre parties, que lon dispose sur face supérieure du feu, de manière que cellesqui se trouvaient le plus rapprochées du contrevent Soient placées près de la tuyère,et réciproquement. Louvrier donne le vent dont il peut disposer, et bientôt la ma-tière, rentrée de nouveau en fusion, regagne le fond du creuset; il la sonde alors àdifférentes reprises avec son ringard, et y fait adhérer chaque fois une certaineportion de métal, quil détache dun coup de marteau après lavoir refroidi dansleau ; il remet ces sifflets sur le feu, près de la tuyère ou ptès du contrevent, suivantque leur affinage est plus ou moins avancé, ce dont il juge facilement par leur degrédadhérence au ringard, et il finit ainsi par porter toute la matière au degré d'épura-tion quil veut obtenir.