FABRICATION Dü FER.
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TRAVAIL DE L’AFFINAGE.
Le travail de l’affinage, aussi bien que le montage des creusets, varie suivant legenre de fontes que l’on a à traiter, et il en est résulté différentes méthodes que l’ondésigne ordinairement par le nom du pays où elles ont pris naissance. La méthodeallemande ou comtoise les comprend presque toutes, et se caractérise entre elles parla généralité de ses applications : nous allons nous en occuper.
Toutes les opérations de l’affinage se divisent en deux parties : la première com-prend la fusion de la fonte, la deuxième le travail de la pièce.
Fusion de la fonte. — Dès que le travail de l’opération précédente est terminé,l’affineur s’occupe de nettoyer le creuset et de détacher les morceaux de scories quiont pu s’attacher sur le fond ou sur les plaques latérales. Il fait avancer la gueuse,et, suivant son degré de fusibilité, il la rapproche ou l’éioigne de l’action du vent,il remplit le fond du creuset avec du menu charbon, ajoute des sornes et des scories,porte du gros charbon dans la gueuse et donne le vent ; les scories entrent les pre-mières en fusion et forment le lit sur lequel la matière va se déposer; la fonte fondensuite, et, suivant qu’elle est grise ou blanche, elles tombent en gouttes qui se dé-carburent en traversant la région du vent, ou en écailles qui ne fondent complète-ment qu’après avoir atteint le fond du creuset.
Pendant ce temps, l’affineur s’occupe du règlement du vent, de l’entretien du feuet de l’avancement de la gueuse au fur et à mesure qu’elle entre en fusion, il donnesouvent issue aux scories pauvres qui se forment, et les fait écouler par de hautespercées dans le cliio, afin que le métal ne reste jamais entièrement découvert.
Il s’attache surtout à ce que la masse reste à l’état de fusion pâteuse, qui est favo-rable à son travail, la sonde fréquemment avec son ringard, et, suivant qu’elle esttrop dure ou trop liquide, il augmente l’énergie du vent, ou ajoute des scories richesqui concourent à sa coagulation.
Travail de la pièce. — Après avoir fondu et préparé de cette manière la quantitéde métal que les dimensions du creuset permettent de traiter, c’est-à-dire 60 ou80 kil., on recule la gueuse, et l’on procède au désornage, opération qui consiste àdétacher les scories endurcies pour les placer sur la surface du bain, puis on com-mence le travail.
Le travail comprend deux périodes : pendant la première, on complète la décarbu-ration et la purification du métal en soulevant la matière pour l’exposer sous toutesses faces à l’action du courant d’air; pendant la seconde, on réunit toutes les partiesaffinées pour les faire fondre en une seule masse. C’est ce que l’on appelle avaler laloupe.
Lorsque la matière a reçu, pendant la fusion, la préparation la plus favorable, laniasse détachée du fond et soulevée par l’action du ringard, se divise en trois ouquatre parties, que l’on dispose sur là face supérieure du feu, de manière que cellesqui se trouvaient le plus rapprochées du contrevent Soient placées près de la tuyère,et réciproquement. L’ouvrier donne le vent dont il peut disposer, et bientôt la ma-tière, rentrée de nouveau en fusion, regagne le fond du creuset; il la sonde alors àdifférentes reprises avec son ringard, et y fait adhérer chaque fois une certaineportion de métal, qu’il détache d’un coup de marteau après l’avoir refroidi dansl’eau ; il remet ces sifflets sur le feu, près de la tuyère ou ptès du contrevent, suivantque leur affinage est plus ou moins avancé, ce dont il juge facilement par leur degréd’adhérence au ringard, et il finit ainsi par porter toute la matière au degré d'épura-tion qu’il veut obtenir.