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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
Dans le tirage par voie humide, le paquet de fil sur son dévidoir estplacé devant la filière dans une sauce composée d’un peu de bière aigriesur laquelle nage un peu d’huile d’olive, sauce qui sert en même temps àle décaper et à le graisser, et dont l’emploi a pour objet principal dedonner au fil un aspect plus agréable et plus pur, et de le rendre moinsdisposé à se rouiller. En sortant de cette sauce, le fil, avant d’entrer dansla filière, passe encore sur un linge gras et imbibé d’huile. On conçoitaisément que dans le tirage à sec, la présence du suif, celle des écaillesd’oxyde et autres impuretés, ne pourraient constituer un moyen conve-nable pour les filières des numéros fins. Le tirage par la voie humide con-stitue donc, pour les sortes fines de fil, une particularité importante.
Pour les fils très-fins, qui doivent avoir une assez grande longueur, etoù par conséquent l’ouverture ou percement de la filière doit nécessaire-ment s’agrandir notablement avant qu’on ait tiré toute cette longueur, ona, indépendamment du tirage par voie humide, recours à un tour de maindéjà connu dans les tréfileries du continent. Le fil fin est, avant son pas-sage, plongé dans une solution étendue de sulfate de cuivre, puis lavé desuite dans l’eau pure, ce qui lui a fait acquérir une légère couche decuivre.
Il résulte de cette opération que, lors du passage, c’est, non pas le fer,mais le cuivre qui frotte contre les parois du trou de la filière, et par con-séquent que ces parois ne sont plus attaquées, et que le fil se tire absolu-ment de même diamètre sur toute sa longueur.
Le tirage du fil cuivré s’exécute dans des filières percées de trous deplus en plus fins, jusqu’à ce que la couche ou pellicule de cuivre finisse parêtre enlevée, et que le fil de fer reparaisse à nu dans son aspect naturel. Dansle cas où il n’est pas suffisamment découvert ou bien où cette pellicule nedisparait pas assez promptement, on passe encore une fois avec précautionle fil à sec, ce qui enlève complètement la couche cuivreuse. Le cuivre jouedonc ici un double rôle, c’est-à-dire qu’il facilite le passage tout comme unematière grasse, et contribue en outre au bel aspect du produit; c’est, dureste, quand on connaît cette pratique qu’on s’explique la parfaite identitéde grosseur des fils anglais dans toute l’étendue des bottes, et le léger refletrougeâtre et cuivreux qu’on y observe.
Plus ce fil est fin et a de dureté, plus aussi il est indispensable d’avoirrecours à ce tour de main. C’est probablement à cette pratique qu’ondoit la fabrication qu’on fait, du reste à dessein, du fil cuivré qu’on trouvedans le commerce.
Le fil de fer le plus fin qu’on rencontre en Angleterre avait 0 mil -050799,et le fil de laiton 0 miL 025399.