FABRICATION DU FIL DE FEU.
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qualités varient aussi bien que les prix. Le fer provenant de l’étranger est,la plupart du temps, du fer de Suède et de Norwége, où on le fabrique avecde la fonte blanche qu’on affine au besoin. Cet affinage, en Angleterre, sefait par la méthode dite du Lancashire ; on réchauffe dans des fours àréverbère disposés à cet effet, et enfin on tire en barres sous des marteauxgénéralement d’un grand poids. Ces barres sont ensuite laminées à unedouce chaleur dans les fabriques anglaises, puis aussitôt livrées aux filières.Les meilleures qualités de fer anglais à tirer en fil sont fabriquées absolu-ment de la même manière avec de la fonte de finage au coke, affinéesdans de petits foyers fermés au charbon de bois, corroyées sous un grosmarteau frontal, et enfin étirées. Indépendamment de ces fers, on emploieaussi de grandes quantités des diverses qualités les meilleures des ferspudlés. Il n’y a pas de doute que ce mode de fabrication du fer, combinéavec des marteaux d’un grand poids et le réchauffage dans un four à réver-bère, ne fournisse un fer meilleur et surtout préférable à celui qu’onfabrique en Allemagne , et que la supériorité de la fabrication des fils defer anglais ne soit due à ce soin de choisir pour chaque sorte de fil la natureou la qualité des fers qui convient le mieux.
Le fer laminé, préalablement porté au rouge, est ensuite écuré à blancdans des caisses en fonte avec du sable et de l’eau, et dans cet état livré à lapremière filière.
Après le premier trait (où la diminution dans la force du fil est, sous lerapport de la surface, dans le rapport de 7 à 4), le fil est recuit dans unechaudière cylindrique en fonte de 0 m 70 à î m 10 de diamètre, de 2 m 10 dehauteur, et qui est entourée de deux côtés par la flamme du foyer et sur-montée d’un manteau de cheminée avec tuyau d’appel. Le fil recuit est en-suite déroché dans une cuve en bois remplie d’acide sulfurique très-étendu, dont on élève la température en y faisant arriver de la vapeurd’eau.
Lorsque le fil paraît suffisamment déroché, on le lava dans l’eau froideou mieux l’eau chaude, on le laisse sécher à l’air libre, et on le livre aussitôtau second tirage. Quand ce fil ne doit plus subir que ce second tirage,lorsqu’il a été déroché et pour en extraire autant que possible tout l’acide,on l’agite dans une eau de chaux, chose qui s’exécute d’ailleurs pour tousles gros fils avant leur dernier tirage. Ces opérations sont répétées de lamême manière deux à trois fois, jusqu’à ce que le fil soit considéré commeun numéro terminé d’une grosse sorte ou livré comme matière pour enfabriquer des fils de plus fins numéros. Dans ce cas on procède à plusieurstirages consécutifs avant de recuire de nouveau. Les filières, toujours enacier fondu, sont uniquement graissées avec du suif ou une matière grasseanalogue, et on désigne cette sorte de tirage par l’expression de tirage àsec, en opposition avec le tirage par voie humide, procédés mis en pra-tique pour les sortes les plus fines de fils, et qui, après un certain degréde finesse (environ un demi-millimètre), ne sont plus recuits.