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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
En effet, le système de traction par laminage d'un rail intermédiaireserré entre les roues motrices installées dans le plan horizontal, permetseul de pouvoir scinder la locomotive en deux, en répartissant sur destrains différents les cylindres et la chaudière. Dans ce système, la progres-sion n’ayant plus pour cause intermédiaire le poids de la locomotive, maisbien le simple rapprochement des roues motrices entre elles, sollicitéepar la résistance même du convoi, il n’est plus nécessaire de répartir surles essieux moteurs la plus grande partie de la masse du moteur, s’éle-vant toujours beaucoup au-dessus du poids qui grève les essieux de tousles autres wagons.
La possibilité de scinder la locomotive n’a pas pour seul avantaged’amoindrir le frottement des axes moteurs, de permettre l’emploi de railsd’un échantillon plus faible, de diminuer considérablement les frais d’en-tretien de la voie, si péniblement ébranlée par le passage des lourdes lo-comotives destinées aux convois de marchandises. Cette séparation de lachaudière et des cylindres peut amener une suppression de matériel ; caril serait avantageux, comme l’expérience le prouve dans les machinesconstamment occupées dans les gares à composer les convois, de maintenirle plus longtemps possible les chaudières en feu. pour éviter les disloca-tions par retrait métallique qui accompagnent toujours les refroidisse-ments. Cela serait praticable si, après un certain parcours, un moteurfraîchement lubréfîé, soigneusement vérifié dans tous ses organes, pouvaitvenir prendre la place de celui qu’une chaudière montée sur un train par-ticulier vient d’amener à une station de relai. Il est probable que cettedivision permettrait une réduction considérable dans la partie du matérieldes chaudières, puisqu’un générateur de vapeur, qui n’a besoin d’autreentretien ordinaire que le ramonage de ses tubes et le graissage desessieux qui le supportent, pourrait faire le service de trois moteurs, visitéset nettoyés séparément aux stations, avec d’autant plus de facilité qu’ilsseraient distincts du générateur dont le voisinage ou l’installation ordi-naire au-dessus des machines rend très-incommode le travail des ouvriersmachinistes chargés de l’entretien des machines.
Les frais d’allumage et d’extinction seraient en partie supprimés, etl’intérêt du capital représentant le matériel roulant des locomotives seraitaussi réduit. Le bénéfice de la traction augmenterait de toutes les pertesde vapeur occasionnées par le patinage des roues. Un compteur placé surles roues motrices prouve que, par les temps les plus favorables, la déve-loppée des roues est toujours plus considérable que le chemin parcouru;le système de traction par laminage, une fois adopté, débarrassant le pro-blème de la locomotion par adhérence du poids indispensable de la loco-motive, permettrait aux esprits ingénieux de s’exercer à la solution d’ungénérateur léger, et les efforts récemment tentés par M. Belleville dansl’usine de M. Gandiilot, à la Briche, près Paris , font croire que cette idéen’est point une utopie.