FABRICATION DE LA MONNAIE
La fabrication de la monnaie, qui pendant longtemps était restée station-naire en France , sous le rapport des procédés mécaniques, occupe aujour-d’hui le premier rang dans le monde, non-seulement par la régularité, parla précision des pièces que l’on produit, mais encore par la disposition desappareils, des machines qui y sont employés et qui fonctionnent avec unedextérité remarquable.
En origine, les monnaies comme les médailles se fabriquaient par leprocédé du moulage; aussi la pureté des lignes était évidemment bien infé-rieure à celle que l’on obtient sur les monnaies actuelles. Jusque vers lerègne de Louis XIII, les monnaies en France se coulaient en lentilles, puisles pièces, rougies au feu, étaient placées entre deux coins de bronze très-durs, gravés au tour et encastrés dans une chemise en fer sur laquelle onfrappait avec le marteau pour donner l’empreinte aux pièces. Ce ne futque vers la fin de cette époque que s’introduisit l’usage de graver au burindes coins d’acier, d’aplanir le métal et de le réduire en feuilles, puis de ledécouper avec des cisailles.
L’invention du balancier eut lieu sous le règne de Henri II : NicolasBriet, tailleur général des monnaies, voulut, à l’aide de cette invention etdu laminoir, monter une fabrication parfaite, fournissant des pièces iden-tiques, mais il ne put y parvenir; il crut alors devoir aller en Angleterre,où l’on s’empressa de les adopter. On reconnut bientôt en France la né-cessité d’avoir recours à un mode semblable de fabrication. Néanmoins ,ce ne fut que vers 1645, au commencement du règne de Louis XLV,que la fabrication au marteau fut totalement interdite.
Si l’Angleterre nous a devancés pendant un temps pour les moyens mé-caniques employés dans ce genre de travail, notre système actuel, tel qu’ilest aujourd’hui en usage à l’hôtel des Monnaies de Paris , est certaine-ment supérieur à celui qui est pratiqué à Londres ; aussi nous savons que
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