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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
de l’autre côté du détroit, on est en projet de réorganiser complètementl’usine existante.
La fabrication de la monnaie exige, avant le frappage, plusieurs prépa-rations ou opérations préliminaires qui nécessitent l’emploi successif dedivers appareils. 11 est peut-être utile, à ce sujet, de faire voir tout d’abord,en quelques mots, la marche générale de ces opérations, pour donner uneidée de son ensemble et indiquer l’ordre dans lequel les machines sontemployées. Comme nous devons à l’obligeance de M. Diérix, directeurgénéral de la Monnaie de Paris, l’autorisation d’avoir pu relever les appa-reils, les instruments, les machines qui sont appliqués dans ce bel etgrand établissement, il nous a été possible de suivre avec beaucoup desoin tous les détails de la fabrication, soit pour l’or, soit pour l’argent,soit pour la monnaie de cuivre. La description que nous allons donner estdonc essentiellement pratique et sera, nous l'espérons, d’autant mieuxcomprise, que nous l’accompagnons de dessins très détaillés.
Nous pensons que ces documents seront vus avec intérêt, comme pré-sentant les meilleurs modèles à suivre dans tous les pays qui ne sont pasencore à la hauteur des progrès actuels. D’ailleurs, les moyens mécani-ques que nous allons indiquer ont l’avantage de pouvoir s’appliquer aussidans un grand nombre d’autres industries.
On sait que c’est l’argent qui forme la base du système monétaire éta-bli pour faciliter les échanges, il est aussi le plus employé dans la fabrica-tion de la monnaie ; ce métal doit être parfaitement pur et par conséquentpréalablement affiné; il est allié avec une certaine quantité de cuivre, afind’acquérir une dureté suffisante pour résister à l’usure. En France , laproportion adoptée est toujours de l/10 e de cuivre pur pour 9/10 es d’argentfin. Il en est de même pour les pièces d’or.
L’alliage se prépare dans des creusets en fer forgé d’une forte épais-seur et que l’on dispose, comme on le voit sur les premières figures de laplanche 33, dans des fours spéciaux chauffés à de très-hautes tempéra-tures. Il est alors coulé dans des lingolières, en plaques minces de 5 à6 millimètres d’épaisseur, puis tiré en bandes de diverses dimensions.Ces bandes sont réduites aux épaisseurs convenables par des passes suc-cessives dans des laminoirs dégrossisseurs et finisseurs, en ayant le soinde les faire recuire de temps à autre.
On découpe les flans dans les bandes ainsi préparées, soit à l’aide debalanciers, soit au moyen d’un découpoir marchant d’une manière conti-nue par le moteur même de l’usine. Après avoir vérifié le poids de cesflans, ce qui a lieu à l’aide d’un instrument fort simple, on les fait passersur la machine à cordonner, qui a pour objet d’en refouler légèrement lebord extérieur, afin que ce bord ait un peu plus d’épaisseur que le centre.On procède ensuite à leur blanchiment, et on les porte enfin aux pressesmécaniques qui les frappent.
Ces presses, d’une combinaison très-ingénieuse, due, pour la plupart