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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
ordinairement ce n’est qu’après la sixième passe qu’on leur fait subir lepremier recuit.
Pour cette opération, les bandes sont d’abord cintrées sur une petitemachine spéciale, afin de les disposer convenablement et de les réunir enpaquets, qu’on relie par les bandelettes provenant des déchets qui résul-tent du découpage des flans.
Ces paquets sont placés d’une manière régulière sur un plateau oudisque circulaire mobile, renfermé au milieu du four à réchauffer, et,,fin qu’ils reçoivent une chaleur égale dans toutes leurs parties, on im-prime au plateau un mouvement de rotation continu, mais lent. Ce mou-vement peut être produit au besoin par le moteur môme de l’usine. 11 estinterrompu dès qu’on le juge nécessaire, c’est-à-dire dès qu’on est arrivéau degré de recuit convenable, à l’aide d’un débrayage qui est appliquésur l’arbre même du disque.
Le nombre de bandes que l’on peut faire passer dans un temps donnésur chacun des laminoirs, varie non-seulement suivant leurs dimensions,mais encore selon la vitesse de rotation des cylindres. Ainsi, il en passenaturellement, dans le même temps, une plus grande quantité sur lepolisseur, qui fait habituellement 14 a 15 tours par minute, que sur ledégrossisseur, qui n’en fait que 10. Il est vrai de dire cependant quele diamètre des cylindres dans celui ci est sensiblement plus grand quecelui des cylindres du polisseur, de sorte que, pour connaître proportion-nellement le travail de chacun d’eux, il faut multiplier le nombre de toursqu’ils font sur eux-mêmes par leur circonférence respective, et le produitdonne alors le développement des bandes laminées.
Les cages des laminoirs dégrossisseurs, comme celles des finisseurs oupolisseurs, sont disposées deux par deux sur de forts bancs en fonte, les-quels reposent sur des pièces de charpente et des fondations solides.Un arbre de couche, recevant directement son action du moteur, passe àl’intérieur, pour servir à commander par des engrenages des arbres inter-médiaires qui communiquent leur mouvement aux deux cylindres de cha-que laminoir. Le même arbre de couche sert aussi à faire mouvoir d’au-tres appareils accessoires à la fabrication.
C’est à AI. Alouifarine que l’on doit l’exécution des machines à vapeur,des principaux appareils et des communications de mouvements qui fonc-tionnent à l'Hôtel des Monnaies de Paris . AI. Gallez en avait dressé les planset suivi une grande partie du montage. Cet ingénieur est appelé aujourd’huien Angleterre, pour l’organisation des ateliers d’affinage de l’or et de l’ar-gent sur une grande échelle.
LAMINOIR DËGROSSISSEUR, REPRÉSENTÉ PIS. I A 5, PL. 34.
La fig. l re représente une projection latérale ou vue de face extérieurede ce laminoir monté sur son banc en fonte.