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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
Cependant, dans des établissements de premier ordre, qui tiennent àavoir des moteurs bien et solidement établis, non susceptibles de se dé-ranger, et d’un mouvement bien régulier, n’exigeant, pour ainsi dire,presque pas d’entretien, on préfère encore les machines à balancier, et enparticulier celles à moyenne pression, avec détente et condensation, sur-tout les machines dites à deux cylindres, comme celles que nous avonsdonnées avec détails dans le vn e volume.
On a, en effet, reconnu par expérience que ces appareils, lorsqu’ils ontété bien exécutés, bien montés, et qu’ils sont aussi bien entretenus, ne sedérangent pas, fonctionnent avec une régularité parfaite, et n’occasionnentpour ainsi dire jamais de chômage, ce qui est une grande considérationpour des usines comme les filatures, les tissages mécaniques, les impres-sions de toiles peintes, les moulins à blé, qui ont besoin de mouvementsconstants et réguliers.
On a exécuté des balanciers en fonte, des balanciers en fer et en tôle,et des balanciers en bois ; mais en définitive on ne fait plus guère aujour-d’hui que des balanciers en fonte à nervures, la plupart d’une seule pièce,quelquefois en deux flasques parallèles et reliées entre elles par des bou-lons, lorsqu’ils appartiennent à des machines très-puissantes.
Les balanciers en fonte ont l’inconvénient d’être beaucoup plus lourds,mais aussi lorsqu’ils sont convenablement nervés ils ne fléchissent pas, etont l’avantage de présenter un coup d’œil agréable, monumental même,qui plaît à toutes les personnes les plus étrangères à la mécanique. 11 n’enest pas de même des balanciers en fer ou en tôle, qui, exempts de ner-vures, n’offrent que des surfaces unies qui n’ont rien de beau, et qui, danscertains cas, pour des appareils puissants, deviendraient même tout à faitdisgracieux. Ils sont d’ailleurs susceptibles de fléchir, ayant une certaineélasticité qui ne convient pas à ce genre d’organes. Aussi on ne les emploieque lorsqu’on veut des machines légères. Les balanciers en bois présen-tent les mêmes inconvénients au plus haut degré, et sont encore par celamême plus abandonnés. On ne les rencontre que dans les plus anciennesmachines et quelques vieilles scieries.
Nous aurons donc à nous occuper tout spécialement, dans cet article, desbalanciers en fonte, et surtout comme appliqués dans les machines à va-peur où ils jouent un rôle très-important, et où il importe, par conséquent,pour le constructeur, de savoir leur donner les proportions exactes quileur conviennent pour recevoir, d’une part, l’action de la puissance, et latransmettre de l’autre à la résistance.
DESCRIPTION DU BALANCIER-TYPE, REPRÉSENTÉ FIG. 4, 2 ET 3, PL. 35.
En général, le balancier d’une machine à vapeur peut être considérécomme le fléau d’une balance, dont l’un des plateaux chargé serait le pis-ton, et l’autre la manivelle ; les efforts exercés ou supportés par ces deux