MACHINES A PEIGNER LE LIN
PERFECTIONNÉES,
Par M. MARSBE1V , In génieur anglais ,
Et construites par M. FAIBBAI11K, de Leeds .
(planches 36, 37 et 38.)
Le peignage mécanique du lin est, comme celui de la laine, un sujettrès-important, qui occupe un grand nombre de praticiens, d’espritssérieux et éclairés, qui comprennent les difficultés de la question et quiproposent des moyens souvent ingénieux pour la résoudre.
Depuis le premier et célèbre inventeur de la filature mécanique du lin.M. Philippe de Girard , dont le pays a reconnu bien tardivement le mé-rite (1), et qui a imaginé, dès 1810, cette intéressante machine à peignerque nous avons donnée dans le î" volume de ce Recueil, on a tra-vaillé cette question d’une manière toute spéciale, et il serait vraimentbeaucoup trop long et peut-être aussi trop fastidieux de mentionner icitous les moyens, tous les systèmes qui ont été successivement proposés.
Cependant nous savons trop bien l’intérêt que présente un tel sujet,pour ne pas profiter de toutes les circonstances qui nous permettent d’ensuivre les progrès et d’en instruire les manufacturiers, les constructeurs,qui, comme nous, en apprécient toute l’importance. C’est ainsi que, dans
(1) Dès 1840, lorsque nous avons annoncé la publication de ce Recueil, nous avions dit queM. de Girard était l’auteur des principes essentiels de la filature mécanique du lin, et qu’il auraiteu le prix de 1 million promis par l’empereur Napoléon Ier , s’il avait eu le bonheur d’être re-connu avant la chute de l’empire. En 1844, lorsqu’il est revenu de Pologne , chargé d’inventionset d’années, mais pauvre comme il y était allé, après que nous avions fait connaître l’histoire deses découvertes, plusieurs hommes de cœur firent des démarches pour lui faire obtenir sinon lemillion promis, au moins une pension qu’il méritait si bien. Mais on ne comprit pas ou on tardatrop à comprendre qu’il fallait agir bien rapidement si on voulait arriver à le récompenser per-sonnellement; en effet, l’année suivante, il n’était, plus, et, comme bien des inventeurs de mérite,il ne laissait seulement pas de quoi subvenir aux frais de ses funérailles, qu’une souscription vo-lontaire a dù acquitter. Le gouvernement actuel, plus équitable et plus actif, a su reconnaîtrel’utile et importante découverte de Philippe de Girard , en faisant donner à son frère et à sanièce une pension viagère de six mille francs.