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Tome huitième.
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MACHINES A PEIGNER LE LIN.

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Il en résulte que ceux-ci, entraînant dans cette marche descensionnelleles deux règles auxquelles ils sont boulonnés, font descendre aussi toute lasérie de pinces suspendues à ces dernières; mais pendant que ce mouve-ment a lieu, les supports et avec eux le levier h' descendant également,celui-ci, relié à la tige rigide k, est forcé de changer de direction, à telpoint que lorsque le système est arrivé au plus bas de sa course, il occupela position A", indiquée fig. 5.

La courbure des cames étant très-allongée sur plus de la moitié de lacirconférence, on conçoit que le mouvement descensionnel quils produi-sent est très-lent, ce qui convient dailleurs pour le travail, puisque cestpendant ce temps que les mèches de lin sont peignées par la pointe dabord,afin de préparer lextrémité de fibres à la division qui sopère lentement etsuccessivement jusque vers la partie qui se rapproche des pinces qui lestiennent, et qui restent alors en repos pendant que le galet est en contactavec une autre portion de la came à courbure circulaire, permettant ainsiau peignage de se produire dans toute la longueur des fibres.

Dès que les cames abandonnent leurs galets, le mouvement ascensionnelse fait avec rapidité, parce qualors, étant coupées subitement par unepartie droite qui se dirige près de leur centre, elles permettent aux bas-cules à contre-poids dagir immédiatement, et de soulever les galets avecleurs montants H, qui relèvent en même temps les deux règles de fonte Eet toutes les pinces quelles portent.

Cest pendant cette ascension rapide que les pinces, qui étaient descen-dues verticalement, sans aucun autre déplacement, sont obligés de mar-cher de gauche à droite par les taquets i r , parce que le levier h' qui, commeon vient de le voir, avait été entièrement poussé à gauche, est maintenantramené vers la droite ; il sensuit que la petite bielle / et avec elle la tringlei, qui roule sur les règles, sont aussi repoussées de ce côté, entraînantdans cette marche les taquets.

Lamplitude de cet avancement rectiligne est telle quil correspondjustement à la longueur même des pinces, par conséquent celles-ci sedéplacent toutes, à chaque ascension, dun quart de la longueur totale despeignes, puisquon en compte quatre pour létendue de ces derniers, entreles deux bâtis de la machine. Cela suppose que le peignage de chaquemèche de lin étalée entre les pinces se fait en quatre fois ou en quatreopérations successives. Cest en effet ce qui a lieu.

Il est utile d'observer à ce sujet que, comme les dents de chaque peignene sont pas de môme grosseur dans toute leur étendue, mais au contrairede plus en plus fines et serrées, à mesure que lon avance vers la droite,les filaments sont par cela môme de mieux en mieux peignés.

Les peignes sont en outre munis devant leurs dents de plaques de gardeen fer mince, comme on le voit sur la coupe ( fig. l re ). Ces plaques serventà soutenir le lin et empêcher que les dents ne sy enfoncent trop profon-dément, ce qui aurait pour effet, surtout au commencement de lopéra-