OBSERVATIONS SUR LE PUDDLAGE AUX SCORIES,
Depuis quelque temps on a cherché de plus en plus, en Angleterre, às’affranchir du finage de la fonte dans la fabrication du fer en barres or-dinaires, et même déjà dans plusieurs usines on a supprimé entièrementcette opération. Ordinairement on compose, dans ce cas, une charge avec1.21 à 1.50 quintaux métriques depuis le gris clair jusqu’au demi-truitéfaible, et 0.75 à 1 quintal métrique de fonte depuis le truité complet jus-qu’à la fonte blanche des hauts-fourneaux. La perte au puddlage jusqu’àla transformation en bon fer laminé ne dépasse pas 8 à 9 pour 100, et n’estpas, par conséquent, plus considérable que le déchet au finage seul.
La plus grande difficulté de cette opération consiste dans l’entretien dela sole en scories dans le four àpuddler. Pour y parvenir, on se sert, indé-pendamment des canaux de circulation d’air ou d’eau dans les parois laté-rales pour rafraîchir, de deux moyens, savoir : de scories de puddlagegrillées et du puddlage périodique, ordinairement toutes les douze heures,des fers de riblons, provenant, la plupart du temps, des extrémités impar-faites du fer en barres qu’on a coupées : on prend seulement 1 partie deces derniers pour 100, et on en forme une loupe unique; il y a, il est vrai,beaucoup de fer brûlé, mais la sole de scories se trouve raffermie. Aprèsqu’on a traité une charge de fonte, on évacue la scorie qui reste encoredans le four à puddler,par une percée sous la porte de travail, dans unchariot à scories en fer, et on la remplace par des scories grillées et desbattitures qui tombent des laminoirs. Quant aux parois en fer, on se sertpour les garnir de morceaux de minerai de fer riche, tel que l’oxyderouge ou brun qu’on se procure facilement. L’addition de scories de pud-dlage grillées, non-seulement rend le fond durable, mais contribue puis-samment, sans aucun doute, à diminuer le déchet en fer.
Le grillage des scories s’exécute exactement comme celui des minerais,sur des aires murées. On étend sur ces aires de quatre à six couches alter-natives de menu combustible de qualité inférieure et de morceaux cassés,de la grosseur du poing, de scories de puddlage, jusqu’à une hauteur de 3à 4 mètres. Déjà, pendant le grillage, on voit une partie des scories coulerpar le canal de décharge en dehors de faire, ce sont les scories les plusfusibles, celles les plus crues et les plus brutes, qui en principe doiventêtre rejetées. Lorsque le grillage est terminé, on trouve comme coucheinférieure, à peu près sur 30 centimètres de hauteur, une scorie ne for-mant par la fusion qu’une masse compacte, qu’on brise ordinairementen morceaux de la grosseur du poing, et qu’à une opération suivante onfait griller de nouveau. Au-dessus de cette couche fondue, on trouve uneportion de scories grillées à point, qui forme environ la moitié de cellesqu’on a mises en charge et se présente dans un état poreux et fritté. C’estla portion la moins fusible et la plus riche en fer, celle qui après avoir étébrisée est employée de nouveau dans le four à puddler.