MACHINES A BASTIR LES CHAPEAUX.
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mandée par le moteur même, et dont l’axe porte un très-petit pignondroit, engrenant avec la roue dentée d, rapportée sur le bout de l’undes tourillons prolongés du cylindre.
Par cet avancement de la toile sans tin, les poils sont amenés jusqu’auxpetits rouleaux alimentaires « (lig. l re ), entre lesquels ils s’engagent, pourêtre bientôt enlevés par la circonférence de la brosse cylindrique B quel’on fait tourner avec une grande célérité, au moyen d’une très-petitepoulie (fig. 2), commandée par celle baucoup plus grande G', rapportée àl’extrémité de l’arbre moteur m de l’appareil (fig. 3).
Cette brosse, dans sa rotation rapide, projette naturellement tous lespoils dans l’intérieur de la grande boîte ou caisse en bois D, où ilsforment une sorte de pluie très-légère, qui se renouvelle sans cesse, parcequ’à l’extrémité opposée, la boîte, terminée par un conduit très-étroit,présente une ouverture / de peu de largeur, mais très-haute, qui formeainsi un échappement continu (fig. 1 et 5).
Or c’est justement devant cette sorte de bec fendu et vertical que l’onplace la forme conique E sur laquelle on doit bastir le chapeau, et qui semonte sur un plateau horizontal en fonte F, animé lui-même d’un mou-vement de rotation, mais qui, comme on le verra plus bas, est compara-tivement très-lent.
Il importe de remarquer que, pour augmenter la division de la matièreet la force d’impulsion du cylindre à brosse, on a eu le soin de ménagerau-dessus de celui-ci, à l’entrée de la caisse, une ouverture que règlel’espèce de valve ou de clapet g, et par laquelle l’air extérieur, aspiré vive-ment par la rotation, se précipite dans la boîte; de sorte que le poil estappelé avec plus d’énergie contre la fente verticale /. et par suite contrela forme conique. Ce clapet peut s’ouvrir plus ou moins, selon que l’onveut augmenter ou intercepter l’entrée de l’air, et par suite accroître oudiminuer la force du courant; à cet effet, on en règle la position exacte,soit à l’aide d’un levier et d’une ficelle attachée à l’extérieur du bâti G,soit au moyen d’une chaînette et d’un contre-poids h.
Les rouleaux alimentaires e sont recouverts de drap, et sont accompa-gnés de deux autres rouleaux semblables, également garnis de drap ou defeutre, et contre lesquels la brosse, en tournant, frotte les poils. La sur-face de ces rouleaux forme une espèce de sommier qui maintient les poilspendant l’action de la brosse, au fur et à mesure que ceux-ci sont délivréspar les rouleaux d’alimentation.
L’un de ces rouleaux reçoit son mouvement de celui c', qui déjàentraîne la toile sans fin, et le communique aux autres par de petitspignons droits de même diamètre.
Pour que les poils ou les filaments de laine, chassés par l’air et la brossecontre la surface extérieure de la forme conique E, se réunissent et res-tent comme adhérés entre eux, il ne suffit pas de les souffler par une ou-verture étroite, il faut encore les aspirer par une sorte de vide ariificie 1que l’on produit à l’intérieur.