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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
vention est tout entière de M. Laville, est la machine à feutrer proprementdite. Cette machine qui a valu à son auteur la médaille de l re classe, sedistingue non-seulement par sa bonne construction mais encore par sesdispositions, par ses combinaisons nouvelles, qui permettent d’effectuer lefeutrage en faisant agir les organes feutreurs sur les deux faces de l’étoffeen travail, dans des circonstances identiques pour chacune d’elles ; cettecondition essentielle à notre connaissance, n’avait pas encore été rempliejusqu’alors. Elle se compose de deux séries de cylindres horizontaux,composés de rondelles de feutre très-comprimées et animées de deux mou-vements simultanés, l’un rotatif et continu, l’autre rectiligne et alter-natif. C’est entre ces deux rangs de rouleaux que l’opération du feutrages’effectue, en ayant le soin de faire tremper la série inférieure dans unebassine d’eau chaude, pendant que la série supérieure reçoit d’un réser-voir placé au-dessus, et par plusieurs robinets, des filets d’eau égalementchauffée à la température convenable et légèrement acidulée.
On comprend que la pièce d’étoffe ainsi froissée et comprimée par plu-sieurs passages successifs, se resserre et se rétrécit de plus en plus danstous les sens, en acquérant par suite du corps, de la force et d’autant plusd’épaisseur que l’opération a été plus multipliée.
Les dessins que nous avons relevés et réduits à l’échelle pour être con-tenus sur la même gravure, feront bien comprendre, avec la descrip-tion détaillée que nous allons en donner, la disposition particulière et lejeu des divers organes de ces deux intéressantes machines.
DESCRIPTION DE D’APPAREIL A BASTIE REPRÉSENTÉ SUR LES PIC. 1 A 5, PL. i.
Lafig. 1" montre une coupe longitudinale faite par le milieu et sur toutel’étendue de la machine dite à bastir.
La fig. 2 est, un fragment d’élévation qui fait voir la commande ducylindre à brosse.
Les fig. 3 et 4 sont deux sections transversales et parallèles : la premièrefaite suivant la ligne 1-2, et la seconde suivant la ligne 3-4.
La fig. 5 est une portion de plan vu en dessus de la forme conique et duconduit rétréci qui lui amène les poils ou les fibres de laine.
Les poils, après avoir été préalablement ébarbés, éjarrés (1) et triés avecsoin, sont étalés par une femme ou un enfant sur une toile sans fin a qui, danssa partie supérieure, est, à cet effet, soutenue par une table horizontalefixe b, et qui passant, à chaque extrémité, sur les deux petits rouleaux pa-rallèles c et c', reçoit de celui-ci un mouvement de translation convenable.
La rotation est donnée à ce rouleau c' par la poulie A (fig. 2), com-
(p On a pu voir aussi à l’Exposition universelle l’ingénieuse machine à éjarrer de M. Chau mont , qui est arrivé à faire cette opération délicate mécaniquement avec une grande régularitéet une grande économie de main-d’œuvre. Cette machine est décrite dans le 11“ vol. du Génieindustriel.