FABRICATION BU CAOUTCHOUC VULCANISÉ. 43
de voir ce qui se passe à l’intérieur, et par suite de suivre réellementl’opération.
Ainsi, tantôt on y introduit trop de vapeur, et tantôt il n’y en arrive pasassez; d’autres fois on ne laisse pas échapper celle qui est en excès, auxinstants utiles, ou bien les substances séjournent trop longtemps dans lachaudière. Aussi lorsqu’on est pour ouvrir celle-ci, est-on dans une grandeanxiété. A-t-on ou n’a-t-on pas réussi ? On se regarde comme très-heureuxlorsqu’on n’a pas perdu une partie des articles qu’elle renferme. Il fautréellement beaucoup de tact, de pratique et d’attention de la part du chefouvrier chargé de ce soin.
De plus, lorsque ce sont des pièces moulées, qui doivent rester dansleurs matrices pendant l’opération, on risque souvent, n’étant pas enmatière résistante, de les briser ; de sorte que des moules qui souvent ontcoûté fort cher, ne peuvent servir qu’une seule fois ; ce qui met la valeurde l’objet à un prix de revient beaucoup trop élevé.
Quand, au contraire, on travaille au bain de soufre, on n’a pas lesmêmes inconvénients ; l’opération est plus facile à contrôler, on peut exa-miner, suivre, pour ainsi dire, les transformations successives de la ma-tière , et les divers objets, quelle que soit leur forme, peuvent se produiresans employer de moules en plâtre, par conséquent sans risquer de lesperdre. On obtient, en outre, à la surface des pièces, une teinte claire, etau moulage la finesse, la précision que donne le moule de métal à la sub-stance même, lorsqu’elle est encore à l’état mou.
Le bain sert en même temps : 1° à fournir à la matière la quantité desoufre nécessaire pour la durcir ; 2° de source de chaleur pour élever latempérature au degré convenable, deux conditions essentielles pour la fa-brication du caoutchouc vulcanisé.
Voici, au reste, comment s’effectue le travail :
Le caoutchouc purifié est d’abord traité comme par le procédé deM. Ch. Goodyear : on le réduit en plaques ou en objets de formes diverses,en le ramollissant et le triturant par les moyens décrits ; on le met enfeuilles par le laminage, ou on le presse dans des moules.
La matière, encore très-molle, permet d’y incruster des corps étran-gers, et même de fixer ceux-ci à des corps d’une autre nature.
Les feuilles, amenées à l’épaisseur convenable, peuvent se découperpour en faire, au besoin y des rubans, des fils de diverses grosseurs, ou biense souder pour former des cylindres, des tuyaux, des plaques de grandesdimensions.
De même, la substance triturée à l’état plastique peut recevoir toutes lesformes désirables, en se moulant dans des matrices.
Les objets, pris dans cet état, sont plongés dans un bain de soufre fonduque l’on maintient à une température élevée qui peut varier depuis 110jusqu’à 150 degrés centigrades. 11 faut avoir le soin qu’ils ne s’y déformentpas par suite du ramollissement de la matière pendant les premiers rao-