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qui doit former l’une des faces de ce genre d’étoffes, a lieu en faisant passer ce tissuau-dessous d’une règle métallique parfaitement droite, en plaçant sur le tissu etderrière la règle une certaine quantité de dissolution, et en faisant avancer l’étoffe quiemporte avec elle une couche très-mince et très-égale de la pâte de caoutchouc. Ilfaut alors provoquer l’évaporation du dissolvant qui est contenu dans cette couchede pâte, afin qu’il ne reste sur le tissu qu’une feuille extrêmement mince de caout-chouc. Cette évaporation a été pendant longtemps obtenue en exposant simplementl’étoffe enduite, dans un étendage où elle se produisait spontanément. Il fallait de6 à 24 heures, suivant la saison, pour que ce travail s’exécutât, et les intermittencesqui en résultaient ont dû amener à provoquer celte évaporation d’une autre manière.
Aujourd’hui, les grandes fabriques de France et d’Angleterre emploient le moyensuivant et les machines qui l’appliquent, semblables par les dispositions essentielles,ne diffèrent que par la forme et les dispositions de détail. Voici celles adoptées chezMM. Guibal et CL
Une table à vapeur en tôle est portée sur un bâti où elle a une position horizon-tale. Un rouleau maintenu par un frein reçoit le tissu, qui passe immédiatement sousla règle où se fait l’application de la pâte et qui est située à une extrémité de latable, tandis qu’un second rouleau, situé à l’autre extrémité, et marchant mécani-quement, tire l’étoffe enduite qui, pour aller du premier rouleau au second, passesur la table à vapeur où la chaleur provoque l’évaporation instantanée de l’essence,de telle sorte qu’avant d’arriver au second rouleau, il n’en reste aucune trace dansle tissu. Ce mode d’opération rend la main-d’œuvre très-peu importante, un seulhomme étant nécessaire pour surveiller la marche de deux ou trois appareils sem-blables, charger la pâte devant les règles à mesure qu’elle s’emploie et engrener etdégrener les courroies de commande aux moments opportuns.
L’action de cette table à vapeur a pour effet de former au-dessus du tissu uneatmosphère très-épaisse d’essence vaporisée qui rend la présence de l’ouvrier très-pénible par les étourdissements qu’il éprouve en la respirant. En outre, on a dû êtrepréoccupé dès le début de l’emploi de cet appareil, de la dépense de ces quantitésde dissolvants qui après avoir formé la pâte de caoutchouc sont évaporés dans l’airen pure perte.
Aussi, a-t-on cherché à reprendre une portion de l’essence après son évaporation,ce qui avait le double but de réaliser une notable économie en permettant de réem-ployer le liquide recueilli, pour une nouvelle dissolution, tout en supprimant le mau-vais effet produit sur la santé des ouvriers.
Des ventilateurs convenablement installés ont permis de chasser au dehors del’atelier l’atmosphère impure qui s’élève au-dessus de la table, et ainsi les ouvriersont cessé d’en être incommodés; mais on n’avait pu encore réaliser l’autre problèmed’un intérêt immense au point de vue du prix de revient. Des appareils nombreuxont été essayés en Angleterre, ayant tous pour base l’entraînement des vapeurs dansun courant d’air qui, passant ensuite dans un réfrigérant, semblable à celui d’unalambic, devait, espérait-on, y laisser la vapeur revenue à l’état liquide. Ces essaisont tous été infructueux à cause de la faculté qu’a l’air, même fortement refroidi,de conserver les vapeurs qu’il a recueillies tandis qu’il était chaud. Aussi, arrivait-ilque l’air froid sortait du serpentin sans avoir abandonné aucune partie du dissolvantvaporisé.
L’appareil qui fonctionne avec tant de succès, dans l’atelier d’ivry, est établi surun principe différent. L’essence vaporisée est admise dans un espace fermé aussi