GARNITURES DE CARDES. 79
5° Le doublage consistant à courber les fils découpés pour former chaquedouble dent ;
G° L’introduction des dents dans le cuir ;
7° Le recourbage ou croquage des dents pour leur donner l’inclinaisonconvenable ;
8° Le déplacement du cuir à chaque nouvelle rangée de dents.
L’accomplissement de ces diverses opérations qui, quoique effectuéesséparément, s’exécutent en quelques fractions de seconde, a nécessitéplusieurs combinaisons mécaniques spéciales que nous allons essayer defaire comprendre à l’aide des différentes figures gravées sur les plan-ches 4 et 5.
Avant de donner cette description, nous croyons devoir dire quelquesmots, au moins, de plusieurs autres exposants qui se sont fait remarquer,soit pour leurs batteuses, soit pour leurs articles de carderie.
M. Michel, mécanicien, de Rouen , avait envoyé deux machines très-distinctes : l’une, dite à excentrique mobile, servant à bouter les rubans,et qui n’était cotée que 1,000 francs, quoique pouvant faire et poser 200dents par minute ; l’autre, beaucoup plus grande, pour bouter les plaques,est cotée 2,500 francs, avec ses deux chariots et porte-outils semblables,permettant d’exécuter deux plaques à la fois. La disposition de l’excen-trique annulaire appliquée, dans la première, est réellement très-remar-quable, en ce que, composé de plusieurs pièces méplates qui ne doiventtravailler que par bout, il est facile de les déranger, étant à coulisse etmontées à vis, pour varier, selon les besoins, la forme de la lame ou del’excentrique, et, par conséquent, le mouvement des pièces qu’il faitjouer.
11 existe à Rouen plusieurs maisons qui construisent des bouteuses mé-caniques, et parmi elles il en est une bien ancienne déjà, celle de MM. Pa-pavoine et C e , qui ont acquis une bonne réputation en ce genre, commeM. Miroude est renommé pour la fabrication des rubans et des plaques decardes de toute espèce.
MM. Langlois et Frené , de Louviers , ont exposé une machine à bouter,dite à bagues serpentées, qui se distingue par la variété même des dessins,soit pour faire des rubans en damier, soit pour le cardage des chinés. Cesystème paraît être dû à M. Léon Pion, inventeur.
Un constructeur anglais , M. Daniel Foxweel, de Manchester, avaitenvoyé trois machines à bouter, dont une pour les plaques, vendue àM. Fortin, de Rouen , et les deux autres pour les rubans; l’une de celles-ciattirait surtout les regards, parce que, établie avec toutes ses pièces ar-gentées, elle paraissait plus brillante, et qu’elle fonctionnait souvent devantles nombreux visiteurs. L’auteur la faisait mouvoir à des vitesses de plusde 200 coups par minute. Le ruban suspendu par le haut, s’obliquait suc-cessivement de droite à gauche et de gauche à droite, pour chaque rangéede dents qui étaient disposées comme l’indique la fig. 3, pl. 4. Le métier