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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
foule de pièces travaillantes qui s’agitent, se déplacent, reviennent surelles-mêmes en accomplissant, chacune, des opérations spéciales.
Nous ne sachons pas que jusqu’ici on ait publié, avec les détails néces-saires, les dessins d’un métier de çe genre. Il semble qu’en présence dela complication de ses organes qui, à vrai dire, sont tellement ramassés,qu’ils se confondent presque tous entre eux, on n’ait pas osé entreprendreun tel travail.
Reconnaissant tout l’intérêt que présentent ces machines, les nombreuxservices qu’elles rendent aussi bien dans la tilature de la laine que dans lafilature de coton, deux branches d’industrie si répandues aujourd’huidans toutes les parties du monde, il nous a paru utile de donner les gra-vures complètes, et la description détaillée d’un tel métier, en profitant, àcet effet, des améliorations qui le mettent à la hauteur des progrès de lamécanique actuelle.
Nous devons cette faveur à M. Morel, de Tarare , qui a eu l’obligeancede mettre à notre disposition l’une de ses belles machines, perfectionnéestrès-récemment par son ingénieur-mécanicien, M. Drojat, et pour les-quelles il s’est fait breveter en France , dans les principaux États de l’Eu rope et aux États-Unis d’Amérique.
Elle se distingue non-seulement par l’heureuse combinaison du méca-nisme, par l’agencement bien coordonné et bien intelligent de toutes lespièces, mais encore par la grande quantité de travail qu’elle permet defaire dans un temps donné, en boutant un grand nombre de dents à la fois,soit sur des plaques, soit sur plusieurs rubans simultanés.
Ainsi, l’auteur a cherché à réunir sur le même appareil un certainnombre A’outils-bouteur s, qui fonctionnent en même temps, et qui peu-vent, par cela même, produire, au besoin, 10, 20, 30, 40 à 50 dents parchaque révolution de l’arbre moteur; c’est pourquoi il lui a donné le nomde houleuse multiple, ou mieux bouteuse multiplicatrice.
Or, lorsque, pour chaque dent, il faut effectuer une suite d’opérationssuccessives qui n’exigent pas moins de huit mouvements principaux ; lors-que ces opérations doivent se faire avec une célérité telle que l’axe decommande tourne à une vitesse de 180 à 200 révolutions par minute, onest tout émerveillé de voir que tout cela se fait très-régulièrement, sans lamoindre confusion, et tout en admirant un si beau résultat, il faut bienque Ton reconnaisse combien le génie de l’homme s’est élevé.
C’est surtout dans ce dernier siècle, depuis moins de cinquante ans, queTon rencontre toutes ces merveilles mécaniques qui, à chaque exposition,apparaissent avec des perfectionnements nouveaux.
Voici la série d’opérations effectuées par la machine :
1° Le percement du cuir pour recevoir les dents ;
2° Le passage du fil devant les outils bouteurs ;
3° Le crochetage pour tenir le fil et l’introduire dans les jumelles ;
4° Le découpage du fil à la longueur voulue ;