Band 
Tome dixième.
Seite
143
JPEG-Download
 

NAVIRES A VAPEUR.

143

EXPÉRIENCES SCR LE NAPOLÉON.

On navait pas encore construit un vaisseau à hélice à moyenne vitesse, et lesessais de lAngleterre avaient peu réussi, lorsquon osa entreprendre de dépasserles paquebots rapides, et quon parvint à le réaliser avec un vaisseau armé dunepuissante artillerie et capable détendre une vaste voilure. Cette entreprise futconçue et exécutée à Toulon , par M. Dupuy de Lôme, à bord du vaisseau de90 canons le Napoléon.

Ses formes gracieuses et plus fines que dhabitude lui permirent dobéir plus faci-lement à limpulsion en divisant leau vers le haut comme vers le bas, au lieu dela refouler comme les anciens vaisseaux ; sa mâture, un peu réduite, fut portéevers larrière, et elle fut encore assez vaste pour imprimer une belle vitesse.

A lépoque il fut entrepris, on navait pas encore acquis de confiance dans lesmachines directement unies au propulseur, et pour imprimer une vitesse de plus de42 nœuds, on crut que, malgré les dimensions de lhélice, il était nécessaire dem-ployer un engrenage pour obtenir une rotation assez rapide. On adopta donc unedisposition semblable à celles employées en Angleterre sur le Highflyer , sur leBrisk, sur le Dauntless, et surtout sur le Sharkie.

Lappareil exécuté par lusine dIndret, sous la direction de M. Moll, se com-posa de deux cylindres horizontaux, placés à tribord, et balancés à lopposé parune énorme roue de cinq rangs de dents, venant engrener par côté avec le pignonplacé au mileu du navire. Des bâtis, fortifiés par de nombreuses entretoises, joignentles paliers du grand arbre aux cylindres, ainsi quà larbre de lhélice, et servent enmême temps de guides aux glissières dun T uni à la tige de piston, pour la main-tenir en ligne droite. La bielle fait suite à la tige, et au lieu de mener la pompe àair par un balancier, comme on le voit sur les dessins du Dauntless , la manivelledu Napoléon se recourbe sur elle-même après la soye de la grande bielle, et vientformer un second tourillon plus rapproché du centre de rotation, de manière à nedonner que la moitié de la course du grand piston à la pompe à air. Ce bouton demanivelle est libre, et soutenu seulement par le roide des parties; mais, sur leNapoléon , il a été retourné vers laxe pour sunir à un petit arbre dans le prolonge-ment du grand, afin de soutenir le bouton de la pompe à air. De la sorte, il a fallutenir en ligne droite quatre paliers, et si la perfection de lajustage a permis à cettedisposition de bien fonctionner dans le principe, elle a beaucoup fatigué dès quelusure en a diminué l'exactitude.

Le diamètre du grand cylindre est de 249;

La course de son piston 1 m 63 ;

Le diamètre de la pompe à air est de 1"700;

Et sa course est 0616 : elle est placée du côté opposé au cylindre à vapeur.

Les tuyaux de décharge débouchent au-dessus de leau et du même bord par detrès-grands orifices. Les tiroirs sont placés verticalement sur les côtés, en regarddes cylindres; ils sont en coquille et à compensateur. Ils reçoivent le mouvementpar deux excentriques et un arc fendu comme sur les locomotives.

Les huit chaudières sont à retour de flamme, et placées par groupes de quatrecorps, les unes en avant de la machine, les autres en arrière; leurs boîtes à fuméedébouchent par langle dans une cheminée commune, de sorte que lune de ces der-nières est entre le mât dartimon et le grand mât, et lautre sur lavant de celui-ci :cest aussi la position, de la machine.