NAVIRES A VAPEUR.
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Les essais de traction au point fixe ont donné, avec 7 m 91 de tirant d’eau,17,8 tours de machine et 1M77 de pression effective et moyenne par centimètrecarré dans les cylindres, ou 118i1'2 k sur les pistons, un effort de traction, lu sur ledynamomètre, de 15660 k ; avec 19 coups de piston, il s’est élevé à 19120 k . Le rap-port entre la pression sur les pistons et l’effort de traction est à peu près constantsous toutes les allures.
Ces résultats remarquables étonnèrent le monde marin ; car on avait peine à croirequ’un vaisseau portant 90 canons et toutes leurs munitions, 20 jours d’eau encaisse, 90 jours de vivres et 730 tonneaux de charbon, pût acquérir des vitesses de12 et 13 nœuds, lorsqu’il y a si peu de temps, des vapeurs dénués d’artillerie pas-saient pour donner des résultats satisfaisants en filant de 9 à 10 nœuds.
Ils sont entièrement dus à M. Dupuy de Lôme, qui, le premier, a conçu ce projethardi, et qui a eu le talent de le bien exécuter.
Si l’on rapportait l’utilisation du Napoléon à son artillerie et à sa marche, ilaurait un résultat supérieur aux autres vaisseaux, et c’est la véritable utilisationd’un navire de guerre ; elle devrait même être calculée au moyen du charbon brûlé,plutôt que par la puissance obtenue pendant des observations dont les éléments nesont plus semblables dans la pratique.
Nous terminons ce travail par le tableau suivant qui donne le chiffre del’utilisation par rapport au charbon, obtenue sur divers navires à héliceappartenant en grande partie à la marine de l’État, et quelques-uns auxMessageries impériales.
Cette méthode, qui consiste à exprimer directement l’effet utile d’unemachine de navigation en comparant le tonnage et la vitesse au poids decharbon brûlé par heure, est due à M. Paris , qui en donne le détail dansson excellent traité.
11 démontre, avec beaucoup de raison, que le plus sûr moyen de déter-miner l’état de marche d’un navire à vapeur, et de pouvoir apprécierl’économie de son appareil propulseur, est d’établir le rapport entre lecharbon consommé, qui représente évidemment la puissance produite etpayée, et le déplacement ou tonnage combiné avec la vitesse, qui consti-tuent réellement le résultat obtenu.
Il a donc déterminé les nombres que l’on peut appeler coefficientsd’utilisation par une formule qui revient à :
Multiplier le déplacement élevé à la puissance 2/3 par le cube de lavitesse;
Diviser le produit par le charbon brûlé en kilogrammes et par heure.
Le calcul étant fait pour chacun des navires indiqués sur le tableau ci-contre, les résultats s’y trouvent inscrits dans la dernière colonne de droite.
Ainsi, par exemple, pour le Charlemagne, on trouve :
5 . 3
4100 x 5,772698
18,23
x.
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