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Tome dixième.
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NAVIRES A VAPEUR.

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Les expériences de M. Morin avec des bateaux légers et rapides sur le canal delOurcq à Saint-Denis , montrèrent que la résistance éprouvait aussi une influence delétendue de la surface frottante du fond, et que cette quantité était indépendante dela vitesse. Dans les meilleurs exemples de ces essais, M. Morin trouva que la résis-tance à la vitesse dun mètre par seconde est 10 k 28 par mètre carré. Il trouva quela résistance delà surface mouillée du fond était denviron 0 k 210 par mètre carré.

Admettant que R représente la résistance totale du bateau,

S Létendue de la surface mouillée de la carène en pieds carrés,

K La résistance par pied carré de la section immergée en livres anglaises;

B 2 Laire de la section immergée, et V la vitesse,

On a R = 0,0-43 S+ K B 2 V 2 ;

Et, pour les meilleures formes de bateaux essayés, lexpression devient,

R = 0,043 S + 2. 16 B 2 V 2 .

En appliquant cette formule à lÉtoile, nous obtiendrons des résultats très-diffé-rents les uns des autres, suivant la largeur du canal, car la valeur de K qui, engrande eau, est 1,61, devient 5, 24 dans un canal étroit.

Les grands bâtiments naviguant sur mer, ont une valeur de K beaucoup moindreque 8 k 29 par mètre carré. A bord du Pélican elle est de P95, et sur des naviresplus grands et plus fins elle a été observée par le dynamomètre de 4 k 49.

La dépense de force de propulsion sur les canaux est donc nécessairement beau-coup plus grande que celle sur les rivières profondes ou sur mer, puisque la résistanceà la marche est plus considérable.

Plus le canal est contracté, plus cette différence devient grande, comme le montrela diminution de vitesse de l'Étoile en entrant dans les aqueducs de Digoiu et delAilier, et dans quelques-unes des coupées du canal central, la section est réduiteà 8 œ - c -36 ou 9 nl '°-29. Dans ces passages, la vitesse de lÉtoile ne dépasse pas undemi ou trois quarts de mille à lheure.

Dans un traité intéressant sur la navigation des canaux par M. Dubied, récem-ment publié à Paris , lauteur calcule quen employant des bateaux à hélices duneconstruction convenable, les marchandises seraient transportées sur les canaux dedimension moyenne à une vitesse de 3,1 milles à lheure, pour le prix de 0 Ir ,02o partonneau et par mille, et à celle de 1,8 mille, à lheure à 0 fr ,020 par mille.

Sur les plus grands canaux, il propose de faire porter 200 tonneaux de marchan-dises outre la machine propulsive et sur les plus petits canaux de mettre en sus dela machine 100 tonneaux de chargement. Il pense que sur les bateaux les plus fortsla vitesse demandée serait obtenue avec une machine de 11 à 12 chevaux et sur lespetits avec des appareils de 10 à 11.

On obtiendrait 1,8 mille à lheure avec des machines de 2 ou 3 chevaux, ne néces-sitant quun chauffeur; ces bateaux seraient en fer et pontés , ils nemploieraient quedeux matelots. Sur quelques canaux, les herbes aquatiques embarrasseraient lamarche dans les commencements, en ce quelles saccumuleraient autour de lhélicejusquau point darrêter la machine ; mais une faux, traînée pendant quelque tempsà larrière de lun des bateaux détruirait bientôt ces obstacles, et le mouvement fré-quent des hélices empêcherait les hêrbes de reparaître.