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Quant à nous, nous avons fait tous nos efforts pour ne pas faillir à notretâche : en effet, la Publication industrielle n’a-t-elle pas suivi ces innova-teurs dans le mouvement d’impulsion qu’ils ont fait vers le progrès, enmettant le public à même de profiter de leurs découvertes?
L’Exposition universelle de 1855 a révélé une fois de plus le progrèsincessant de cette branche essentielle de la mécanique, et on a retrouvéparmi les auteurs, ces noms honorables qui accompagnaient autre foisleur première apparition dans l’arène industrielle.
Ainsi on a pu admirer ces magnifiques collections de MM. Cail, Calla,Polonceau , Ducommun et Dubied, etc., ainsi que celles de l’usine deGraffenstaden, qui ne le cède en rien aux outils anglais , même à ceux deM. Whitworth, pourtant si parfaits.
Parmi les outils de M. Calla qui passe chez nos voisins pour un Whit-worlit français , nous avons remarqué un grand alésoir horizontal dont iln’a pu exposer que le modèle ; cet alésoir a été établi dans des propor-tions si grandioses, qu’il peut servir à aléser un cylindre de 3 mètres dediamètre sur plus de 4 mètres de longueur.
D’après les renseignements que M. Calla a eu l’obligeance de nouscommuniquer, la disposition de cet alésoir a été motivée par ce fait queles cylindres alésés devaient fonctionner eux-mêmes étant posés horizon-talement; et que dans le cas où ils seraient susceptibles de se déformerpar leur grand poids, cet effet se produisant déjà pendant l’alésage, ilsconserveraient nécessairement, mis en place, la forme ronde acquise aumoyen de l’outil.
Nous devons mentionner avec plaisir un gros tour à quatre outils exposépar M. Polonceau qui, avec une obligeance parfaite, veut bien nous per-mettre de le publier. Ce tour, parfaitement construit, peut tourner 7 à 8paires de roues de wagons dans la même journée. On a pu voir dans le7 e volume de ce recueil un tour analogue, mais à deux porte-outils seule-ment, exécuté sous la direction de M. Mesmer dans l’usine de Graffens-taden.
Cette maison a exposé une grande et belle machine à mortaiser, unappareil à tailler les pignons et divers outils propres à travailler le bois,ayant d’excellentes dispositions, et qui dépassent de beaucoup, par leurbonne construction, tout ce qui a été envoyé dans ce genre par diversconstructeurs étrangers, et entre autres, par des mécaniciens de Mont réal , dont les outils avaient néanmoins le mérite d’être d’une grandesimplicité.
Nous ne pouvons citer toutes les machines-outils qui ont été distin-guées à cette exposition. Il nous faut du moins mentionner celles deM. Décoster dont nous avons eu si souvent l’occasion de faire connaîtreles intelligents travaux; celles de MM. Middleton et Elwell de Paris , quiont exposé une belle machine à raboter et un beau tour à chariot pouvantpercer des trous parallèles, système particulier qui a fait le sujet d’une