PRESSE LITHOGRAPHIQUE MÉCANIQUE. 169
dres vides en fer, cette peau entraîne et fait tourner la pierre. C’est là ce quiconstitue l’importance de l’invention.
« On a toujours voulu tourner la pierre directement par un arbre ou d’autresmoyens. Il faut penser que quand la pierre reçoit l’impression, elle a une chargede 700 à 4 000 kilog. Tournez une pierre avec une pareille charge, il ne peut arriverautre chose que des accidents.
« Au lieu de cela, plus la peau est pressée, mieux la pierre tourne.
« Cette peau est donc un objet principal dans la presse, parce qu’elle conduittout : la pierre, le mouilleur ou contre-impression, les encreurs et les rubans quiconduisent les feuilles de papier.
« On peut aussi, au moyen de cette peau tournant d’une manière continue, impri-mer dans ce genre les pierres plates ; mais il y aurait perte de temps. »
La disposition décrite plus haut est répétée dans la même machine. Des rubanscommençant vers la table du margeur et aidés de rouleaux pinceurs, saisissent lafeuille et la conduisent aux deux cylindres où elle s’imprime des deux côtés.
Pour que le registre ou recto-verso s’imprime bien juste, il a fallu faire engrenerensemble deux roues mises en mouvement par chaque pierre.
L’inventeur a aussi perfectionné l’encreur en partant de cette particularité quedans l’encreur lithographique, l’eau détruisant peu à peu le noir, l’ouvrier estobligé de nettoyer de temps en temps son rouleau. C’est ce que M. Kocher a imitédans son encreur mécanique.
Cet encreur est une peau sans fin marchant sur et sous plusieurs rouleaux, dontles trois premiers l’appliquent contre la pierre par l’effet de contre-poids. Un autresert à tendre la peau. Le rouleau fournisseur de l’encre à la peau reçoit cette encrede la table par un rouleau mobile qui la transporte de l’un à l’autre, d’une manièreanalogue à ce qui se fait en général dans la touche des presses typographiques mé-caniques. Un rouleau coureur égalise l’encre sur la peau.
Un couteau reprend constamment le noir restant sur la peau, afin de le renouve-ler toujours.
Le mouilleur est un cylindre avec une garniture de toile humectée constamment,et qui, placé au-dessus de la pierre cylindrique, reçoit la charge de la pression quele râteau communique q cette dernière.
M. Perrot, inventeur de la perrotine ou machine à imprimer les tissus à plusieurscouleurs, pour laquelle il a acquis une si grande et si juste réputation, a imaginé,en 1840, une presse mécanique qu’il a construite. Cette presse est disposée de ma-nière que la pierre lithographique étant posée à plat sur un chariot qui doit la fairemarcher, le mouillage, l’encrage, la pose du papier sur la pierre, l’impression et l’en-lèvement des épreuves sont effectués mécaniquement et d’une manière continue.
On voit déjà par ce simple aperçu que M. Perrot a cherché à faire pour ce genrede presses ce qu’il a si bien produit pour les perrotines, c’est-à-dire à imprimer mé-caniquement les mêmes planches lithographiques par un travail tout à fait analogue àcelui que l’on exécute avec les presses à bras. Il a cherché et obtenu ce résultat, enopérant beaucoup plus rapidement, tout en faisant aussi bien qu’à la main.
M. Perrot a ainsi construit plusieurs presses semblables qu’il a fait fonctionnerpendant quelque temps, dans une partie de ses ateliers, sous la direction d’un impri-meur lithographe. Nous avons eu l’occasion d’avoir différentes épreuves qui nous ontparu très-satisfaisantes. Aussi nous croyons devoir avancer ce fait que si ces sortesde machines ne sont pas adoptées plus généralement, cela tient surtout à ce que la