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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
plupart des lithographes, montés sur une petite échelle, ne possèdent pas souventles capitaux nécessaires.
Parmi les machines que nous avons à passer en revue, il en est plusieurs qui nesont que semi-mécaniques, c’est-à-dire qui comprennent certains organes mécaniques,mais auxquelles le mouvement continue a être donné, à la main, d’une manière alter-native.
Telle est, par exemple, la presse pour laquelle M. Grenetier a obtenu un brevet dedix ans, le lt mai 1840. L’ouvrier fait tourner dans un sens, puis dans l’autre, aumoyen d’un levier, un arbre portant des poulies commandant les divers mouvementsde l’appareil. Le chariot va et vient de cette manière. Sous le cylindre ou le râteaupasse, en marchant dans le même sens que le chariot, un cuir ou châssis suspendu àdes leviers. A chaque bout de la presse se trouve une table au noir et un appareilencreur, de sorte que la presse imprime en allant et en revenant.
Le brevet obtenu pour dix ans, le 1" juin 1842, par M. Labarrussias, décrit unepresse dans laquelle le chariot va et vient au moyen d’une crémaillère au-dessousd’un râteau en poirier (l’auteur rejette complètement le cylindre), et d’un appareilencreur et mouilleur. Cet appareil et le râteau, actionnés par des excentriques,s’abaissent aux moments voulus sur la pierre qui passe au-dessous. Le mouillage alieu au moyen de rouleaux recouverlsde mousseline.
M. Duvivier s’est fait breveter le 11 avril 1843 pour une presse qui paraît être unperfectionnement de la précédente. Il remplace les excentriques par les manivelles.
La machine pour laquelle M. Progin a obtenu un brevet en 1844 est assez curieuse:Un cylindre horizontal, en fonte, terminé, à chaque bout, par des roues dentées, tourned’une manière continue. Quatre caisses ou châssis, contenant autant de pierres litho-graphiques (ou de formes typographiques), sont munies de crémaillères engrenantavec les roues du cylindre.
Par un mécanisme de chaînes à la Vaucanson, qu’il serait impossible de faire com-prendre sans dessin, ces quatre pierres tournent tout autour du cylindre, mais detelle sorte que lorsqu’elles passent au-dessus et au-dessous de ce dernier, leur mou-vement devienne momentanément horizontal.
C’est pendant ces périodes de marche horizontale, que se font le mouillage, l’en-crage et l’impression. *
Le mouillage et l’encrage ont lieu en bas ; l’impression se fait en haut au moyend’un râteau, agissant par l’intermédiaire d’une peau sans fin, qui présente de l’ana-logie avec celle employée par M. Kocher, sauf qu’elle ne sert pas à transmettre lemouvement.
Le mouillage se fait par une toile sans fin , continuellement humectée, et qui netouche pas les pierres, mais dont un soufflet détache une rosée qui les arrose. Uncylindre moelleux étend ensuite cette eau et en enlève l’excès.
L’encrage a lieu au moyen d’un cuir continu, tendu par deux rouleaux.
L’inventeur parle aussi d’un mécanisme devant remplacer la margeuse et d’unautre destiné à plier les feuilles.
M. Nicolle a demandé, le 22 novembre 1844, un brevet d’invention auquel il arattaché deux certificats d’addition, les 24 janvier 1845 et 18 avril 1846.
Cette machine est décrite et dessinée avec beaucoup de détails dans le vol. II, desbrevets pris sous la nouvelle loi.
Dans sa première machine, l’inventeur laissait la pierre immobile, le rouleauencreur et le râteau venant alternativement se promener dessus. La machine qui a