CHAUDIÈRE TUBULAIRE.
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Ces deux conditions, d’un égal intérêt, sont difficiles à résoudre en-semble; aussi, la plupart du temps, la seconde se trouve-t-elle négligée,quoique la tendance générale de l’industrie proteste avec énergie de sonimportance.
La nécessité d’augmenter les dimensions des chaudières de locomotives,ou, ce qui serait bien préférable, leur puissance de production sous unvolume donné, est, en effet, une des raisons principales, et même, danscertains cas, l’unique raison qui propage l’emploi des machines Engerth.
Personne n’ignore non plus de quelle importance radicale sont le poidset le volume des chaudières dans la construction des bateaux à vapeur, etque toute économie un peu notable, apportée à la fois dans la combustionet dans la production du mètre carré de surface de chauffe, est destinée ày produire une révolution, non-seulement par l’atténuation d’inconvé-nients sensibles, mais même en fournissant les moyens de résoudre desproblèmes nouveaux, qui restent encore insolubles par l’insuffisance dutirage, l’imperfection de la combustion, et par suite les quantités consi-dérables de combustible nécessaire ; enfin par le poids et le volume desgénérateurs.
Pour les chaudières fixes, l’importance de cette condition, pour être unpeu moins évidente, n’en est pas moins réelle; elle se traduit par unequestion d’argent. On ne doit donc pas hésiter à énoncer ce principe quenous considérons comme comprenant les éléments indivisibles de la ques-tion; il n’est pas difficile de résoudre complètement l’une des deux condi-tions que nous avons posées plus haut : mais on ne peut considérer commeun véritable progrès que la disposition qui y satisfera le mieux à la fois.
Il faut ajouter aussi que la solution, par la nature même de l’industrieà laquelle elle s’adresse, doit nécessairement être simple, sous peined’échouer devant des difficultés pratiques, qui sont la plupart du tempsinsurmontables. C’est pour cette raison que les nombreux modèles degrilles mobiles, que tel ou tel appareil réellement fumivore et économi-que, mais d’une conduite délicate, n’ont pu pénétrer dans l’industrie,malgré des tentatives multipliées.
Il nous sera maintenant facile d’exposer en peu de mots les considéra-tions qui ont conduit les auteurs à la construction de leur appareil.
On sait que les gaz qui s’échappent d’un foyer en combustion sont unmélange d’acide carbonique, d’oxyde de carbone, d’hydrogène, d’eau,d’air non brûlé et de divers hydrogènes carbonés, qui, par leur décom-position à certaines températures, contribuent sans doute, dans unegrande mesure avec le charbon entraîné mécaniquement, à produire lafumée proprement dite. Une combustion parfaite de la houille devraitréduire tous ces éléments à de l’acide carbonique, de l’eau et de l’azote.
Ce résultat est pourtant impossible à réaliser en pratique, attendu qu'onne peut obtenir la combustion complète des gaz qu’à la faveur d’une intro-duction d’air sous la grille, bien supérieure à la proportion théorique