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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
qu’on déduirait de la composition de l’eau et de l’acide carbonique. D’unautre côté, il est clair qu’il faut s’efforcer de réduire le plus possible laquantité d’air non brûlé introduite sous la grille pour brûler la totalité ducombustible, et l’expérience fixe cette quantité, dans les foyers ordinaires,d’après M. Peclet (t), à 18 mètres cubes par kilogramme de houille.
On sait enfin qu’il y a un grand inconvénient à convertir le combustibleen oxyde de carbone, puisqu’on perd alors environ les 4/5 de la chaleurqu’il pourrait développer par sa combustion complète.
Préoccupés de ces faits, la plupart des constructeurs de chaudières ontadmis des principes généraux dans la construction des foyers, dont quel-ques-uns sont établis sur une observation exacte, quelques autres, à notreavis, beaucoup plus incertains.
Le système de chaudière étant réservé, voici, en effet, comment on peutformuler les règles qui paraissent presque universellement admises :
1° L’acide carbonique, en traversant une couche de combustible incan-descent, se transforme en oxyde de carbone : c’est donc un usage généraldans l’industrie maintenant que de brûler le combustible sur une couchemince de 0 m 15 à 0 m 20 environ afin d’éviter cet inconvénient;
2° On a rapproché beaucoup la grille de la chaudière à chauffer, l’es-pace qui reste entre le fond de la chaudière et la surface du combustibleétant d’environ 0 m 30 à 0 m 40.
Enfin, le tirage par le moyen des cheminées s’est généralement répandu;il est même, à de très-faibles exceptions près, aujourd’hui exclusivementemployé.
On peut brûler le combustible sur une couche épaisse, à la conditionde brûler ensuite l’oxyde de carbone qui se produira nécessairement alors,en lui fournissant, au-dessus de la grille, l’air nécessaire à sa combustion.
Quand on veut brûler complètement la fumée, cette disposition est lameilleure. Si, en effet, on suit attentivement la marche d’un foyer ordi-naire, on verra que les conditions de la combustion varient dans des limitestrès-étendues entre deux charges, et qu’il y a toujours un moment où unfoyer bien conduit est fumivore, sans aucune disposition spéciale.
Lorsqu’on vient de mettre une charge sur le foyer, il se produit, aucontraire, une grande quantité de gaz qui modifient radicalement le ré-gime, et, ne pouvant être, par suite, complètement brûlés, s’échappent enfumée.
On conçoit donc qu’il y ait intérêt à faire sur le foyer des charges unpeu fréquentes et qui n’aient que la moindre importance possible par rap-port à la quantité de charbon en combustion. C’est à cette condition seuleque le régime de la combustion ne subira pas de trop grandes variations,et se maintiendra convenablement une fois qu’il aura été établi dans desconditions favorables.
(I) Traité sur la chaleur (2« édit.), 2 vol. in-4«, avec planches, par M. Péclet.