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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
la grosse mécanique, et il faut dire aussi qu’à cette époque la machine àraboter n’était pas encore née, et que le travail à la main de ces grossespièces était coûteux et difficile.
Cet état de choses a duré assez longtemps, et les ingénieurs qui se sontle plus occupés de cette industrie ont eu toutes les peines du monde àl’améliorer. On peut encore voir aujourd'hui dans plusieurs établissementsdes laminoirs montés de cette manière.
C’est, au reste, aujourd’hui un fait acquis au progrès, et tous les ingé-nieurs habiles savent que plus un mécanisme est volumineux, plus il fauten soigner l’exécution et l’ajustage, sans toutefois pousser la chose aussiloin que l’ont fait quelques mécaniciens qui tournent et rabottent cer-taines parties de leurs machines, pour les enduire ensuite d’une teinte defonte brute. '
Sans vouloir donner ici une étude complète sur les laminoirs, nousdevons cependant entrer dans quelques détails sur leur manière d’effec-tuer le travail, afin de faire mieux ressortir les avantages que le colami-neur de M. Cabrol apporte dans leur fonctionnement, et l’économie quien résulte.
Un train de laminoirs se compose toujours de deux équipages de cy-lindres et d’un équipage de pignons ; il y a un équipage dégrossisseur etun finisseur. Dans une forge complète, on rencontre généralement untrain de puddlage ou train de laminoirs cingleurs , puis un train de fer■marchand pour la fabrication des gros fers ronds, plats ou carrés ; pour lespetits fers marchands, il y a un petit train qui s’appelle train Cadet lors-qu’il y en a un troisième dit Petit-Mill qui sert à la fabrication des vergesrondes ou des petits carrés que l’on nomme finions , ou enfin des fersplats dits bandelettes et feuillards. Ainsi, dans chacun des trains de cestrois dernières catégories, on fait trois espèces de fers, ce qui nécessitetrois sortes de cylindres pouvant s’y adapter.
Maintenant, que l’on fait des fers spéciaux, ces assortiments de cylindressont multipliés pour les divers profils. Les rails sont un gros fer spécial,et les trains à rail sont des trains marchands.
A la suite d’un train marchand, il y a généralement un équipage nomméespatard; il se compose de deux cylindres très-courts (0 m 40) sans canne-lures. Au sortir de la dernière cannelure finisseuse des trains marchandsou cadets, les fers plats ou carrés sont engagés entre les cylindres de l’espa-tard, dans le but de les polir; en outre, un double grattoir placé du côtépar lequel le fer est engagé, sert à racler les mâchefers adhérents auxbarres.
Les cages des laminoirs sont fondues d’un seul morceau, et les cylindressont mis en place au moyen d’un mouvement qui s’appelle revêtir. Lescages à pignons sont plus étroites et ne sont pas d’une seule pièce, le cha-peau peut s’enlever pour mettre les pignons en place ou les retirer.
Les pignons sont en fonte pour les trains marchands et Cadets ; les dents