APPAREIL COLAMINEUR. 285
sont encastrées, et pour le train marchand, elles sont alternées en deuxrangs; elles sont en bronze pour les Petits-Mills.
Pour chaque jeu de cylindre les cages sont reliées entre elles par deforts boulons, et elles sont calées sur une plaque de fondation en fonte.Les extrémités des cylindres pour les équipages respectifs sont reliéesentre elles par de fortes allonges de fonte ayant, comme l’extrémité descylindres, la forme des trèfles ; des manchons glissant sur ces allongespermettent de donner le mouvement aux cylindres ou de l’interrompre àvolonté. Ces manchons sont ordinairement calculés de telle sorte qu’ilscassent avant toute autre pièce en cas de surcharge extraordinaire.
Quand on travaille des gros fers, il y a trois hommes au laminoir : unlamineur, un rattrapeur et un souleveur. Le lamineur engage la barre enla tenant avec des tenailles, et pour faciliter ce travail, elle est soutenuepar une table ou tablier placé à l’entrée des cylindres. Quand la barre sortde l’autre côté, le rattrapeur la prend à son tour avec des tenailles, etsuit son mouvement à reculons, et lorsqu’elle est entièrement sortie descylindres, le souleveur, qui la soutenait à l’aide d’un levier attaché à unepoulie mobile sur un rail suspendu à la toiture, fait faire un mouvementde bascule à son levier et relève l’extrémité de la barre par-dessus le cy-lindre supérieur ; le rattrapeur la pousse alors au lamineur et il est aidédans ce mouvement pour la rotation du cylindre supérieur. La barre estengagée par le lamineur dans la cannelure suivante, et la manœuvre pré-cédente recommence de nouveau.
Il y a là une imperfection que M. Cabrol et d’autres ingénieurs avec luiont voulu éviter.
En effet, la barre, au sortir de la cannelure, doit être reçue par le rat-trapeur aidé du souleveur, repassée par dessus le cylindre supérieur avantd’être reçue par le lamineur qui doit l’engager dans la cannelure suivante;elle fait donc un voyage sans être laminée pendant lequel elle se refroidit.
En outre, comme le fait remarquer M. Cabrol « il arrive souvent queles paquets deviennent trop lourds pour être manœuvres directement parla seule force musculaire des lamineurs, et alors on a recours, pour aiderles ouvriers, à des moyens mécaniques tels que chariots, chemins de fersur le sol ou suspendus, leviers et barres transversales avec ou sanscontre-poids, etc.
« Les moyens mécaniques usités jusqu’à présent dans ce but laissentbeaucoup à désirer, car, s’ils rendent praticable l’opération du laminagedes gros paquets, ce n’est pas sans nécessiter beaucoup d’ouvriers, dontcertains, tels que les hommes à la barre ne peuvent supporter, dans l’étésurtout, le travail d’une journée entière. »
En effet, quand on lamine des rails ou du fer de 200 kil., il faut avoirdeux rattrapeurs, et encore le souleveur a-t-il beaucoup de fatigue.
Pour les tôles de 600 kil., qui se font fréquemment, M. Bourdon, duCreuzot, a inventé le tablier releveur.