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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
Ce tablier porte à chaque extrémité une crémaillère, et chacune d’ellesengrène avec un pignon monté sur un petit arbre qui porte égalementune poulie. Une autre poulie à gorge est aussi fixée sur l’extrémité d’undes cylindres, et une corde, manœuvrée par un enfant, permet, par uneffort de traction, d’obtenir le mouvement des pignons qui entraînent lescrémaillères et le tablier auquel elles sont fixées. La feuille de tôle ainsisoulevée est reprise par le lamineur au-dessus du cylindre supérieur.
Plusieurs dispositions ont été employées pour éviter la perte de tempset le refroidissement signalés ci-dessus; nous indiquerons les principales.On applique aux fers marchands la disposition usitée pour tous les Petits-Mills, celle dite laminoirs triples-jumeaux et qui consiste en trois cylindressuperposés; la barre engagée d’un côté entre le premier et le second cy-lindre est renvoyée du côté opposé entre le deuxième et le troisième.Cette disposition, qui a parfaitement réussi pour les fers moyens, évitecomplètement le refroidissement; mais, pour les gros fers, la difficultén’était pas complètement vaincue, il fallait toujours soulever la barre à lamême hauteur, et nous avons dit que pour les gros échantillons c’était unegrave difficulté.
Il y a quelques années, M. Lebrun Yirloy, ingénieur, directeur gérantdes forges de Commentry , a pris un brevet pour un système de laminoirsjumeaux avec mouvement de rotation en sens inverse, dans le but de re-médier à l’inconvénient que nous venons de signaler et de faciliter ainsila fabrication de tous les fers spéciaux de grandes dimensions. Le systèmede M. Lebrun Virloy est surtout applicable aux cylindres qui doivent ter-miner le laminage des pièces.
L’arbre moteur communique le mouvement à un second arbre aumoyen de deux pignons. Sur le prolongement de l’arbre moteur sontaccouplés deux paires de cylindres dégrossisseurs qui portent les pre-mières cannelures, et qui sont montés suivant l’usage habituel.
Les deux équipages de laminoirs finisseurs portent chacun un certainnombre de cannelures qui se succèdent alternativement de l’un dansl’autre; ils sont juxta-posés et reçoivent leur mouvement de rotation ensens inverse du second arbre, le premier, au moyen de deux pignonssuperposés, et le second au moyen de trois pignons également superposés.
Il est facile de se rendre compte qu’au moyen de cette disposition lesdeux jeux de laminoirs tournent en sens inverse.
Le rail ( ou la barre ) étant passé dans une des cannelures du premierlaminoir, est reçu sur un chariot ou tout autre système de suspension,puis engagé immédiatement dans la cannelure suivante qui se trouve dansle second laminoir; à la sortie de cette seconde cannelure, il est engagéde la même manière dans la troisième cannelure qui est dans le premierlaminoir, et ainsi de suite de l’un à l’autre jusqu’au complet achèvement.
On construit aussi des laminoirs à mouvement alternatif. A cet effet, ily a entre le volant et le train une double transmission de mouvement,