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Heure. Le rapport de la longueur du (il inférieur au fil supérieur diffèrepour chaque crochet et correspond ainsi à une navette différente. Lorsquel’un des crochets est soulevé par la griffe, il sollicite naturellement lesdeux fils qui sont attachés à son extrémité. Celui de ces fils qui se tend lepremier fait monter ou descendre la boite à navettes, dont la course n’estlimitée que par la tension de l’autre fil. La somme des longueurs des deuxfils est toujours la môme, de sorte que le mouvement du crochet corres-pondant suffit toujours pour les tendre tous les deux ; mais comme, ainsique nous l’avons dit, leur rapport varie pour chaque crochet, la boîte ànavettes occupe une position différente, selon que ce sont les fils de l’unou de l’autre crochet dont la tension la sollicite.
Les crochets sont actionnés par Un cylindre de jacquart ordinaire,et, de plus, chaque aiguille commande un crochet destiné à dégager unarrêt, sans le mouvement duquel la boîte à navettes ne pourrait bougerde place.
Le 4 octobre 1851, MM. Youillon frères, de Saint-Étienne , ont pris unbrevet pour un mécanisme de changements de navettes applicable surtoutaux battants brocheurs. Il consiste en un bloc mobile, contenant desaiguilles qui, poussées ou abandonnées dans un certain ordre par desplaques à bosses, sont saisies, lorsqu’elles saillissent, par des crochetsmontés à l’extrémité de leviers actionnés par des cames. Chaque foisqu'un crochet saisit une de ces aiguilles, il fait faire au bloc un mouvementplus ou moins grand, selon la position de l’aiguille saisie et selon la coursedu crochet. Toutes les fois que le bloc descend, il soulève, par un renvoi,plus ou moins haut la boîte à navettes. Le jacquart du métier met lespièces de ce mécanisme en état ou hors d’état d’agir.
M. Pinatel a pris un brevet, le 19 novembre 1851, pour un mécanismequi, comme le précédent, est plus spécialement applicable aux battantsbrocheurs. Le battant, en oscillant, fait mouvoir un levier mince qui agitsur l’un ou l’autre de plusieurs crochets qui se présentent à lui, commeles crochets d’un jacquart à la griffe. Les mouvements du levier sontégaux ; ruais, comme les arcs décrits par les différents points de ce levierdeviennent de plus en plus grands à mesure qu’on s’éloigne du centre, ils’ensuit que les crochets les plus éloignés du centre d’oscillation du levierparcourront, lorsqu’ils viendront à agir, un chemin plus grand que lesplus rapprochés. Chaque crochet correspond à une navette.
Un Anglais , M. Crook, a demandé, le 20 janvier 1852, un brevet danslequel il décrit un changement à deux navettes seulement :
Un disque est percé de trous disposés circulairement près de sa circon-férence, et dans lesquels on fixe des chevilles d’après le dessin qu’on veutproduire. Lorsque le disque tourne, chacune de ces chevilles rencontre etrepousse un levier qui fait embrayer un manchon, lequel met en mouve-ment une came montée sur un arbre. Cette came, en tournant, repousseou abandonne un levier, qui fait monter ou descendre la boîte à navettes.