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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
avoir de l’avenir, de celui d’un inventeur de mérite, M. Rives aîné, de Tou louse , dont nous avons déjà eu l’occasion de citer plusieurs découvertes utiles.
Ce système consiste à remplacer les cartons ordinaires par des plaquesmétalliques très-minces, de 18 à 20 millimètres de largeur seulement, sur15 à 20 centimètres de longueur, que l’on perce sur toute leur étendue de400, de 600 et même de 800 trous, selon que le métier auquel on les ap-plique doit être de 400, 600 ou 800 aiguilles.
Ces plaques se réunissent à charnière ou simplement par des fils quileur permettent toute la mobilité nécessaire. Percées à l’emporte-pièce, àl’aide d’un outil très-précis, dû également à l’inventeur, elles présententtoute la régularité, toute l’exactitude désirable dans l’écartement et lediamètre des trous.
Pour faire usage de ces plaques, suivant un dessin donné, il suffit deles tremper dans un bain composé de cire et d’une autre matière conve-nable, qui forme une sorte de pûte assez compacte pour adhérer au métal,en remplissant tous les trous qui y sont pratiqués. On a ainsi des platinespleines et unies, qui peuvent être débouchées aisément par des poinçonsagissant exactement comme ceux de l’emporte-pièce, mais qui résistenttrès-bien cependant à la pression des aiguilles lorsqu’elles sont placées surle métier.
Le débouchage ou le percement des trous ainsi remplis peut se Taire,en lisant le dessin piqué que l’on doit reproduire, et en frappant sur destouches qui correspondent aux poinçons, comme on le fait par l’appareilque nous avons publié dans le v e volume de ce Recueil (pl. 36).
Avec l’ingénieux mécanisme que M. Rives a imaginé à ce sujet, on peutopérer très-rapidement, avec une grande précision et beaucoup plus éco-nomiquement que par le mode de lisage ordinaire employé jusqu’ici pourle percement des cartons Jacquart.
On comprend que par un tel système de plaques métalliques, on al’avantage de réduire considérablement le volume et le poids des cartons,et de plus, de les conserver, pour ainsi dire, d’une manière indéfinie, puis-que, quand on ne veut plus fabriquer les tissus avec le même dessin, ilsuffit de jeter toutes les plaques dans une bassine, de faire fondre la cirequi les garnit afin de les déboucher complètement, puis de reboucher en-tièrement les trous comme on l’a fait une première fois, et de les repercersuivant le nouveau dessin à reproduire.
Le matériel de cartons employé par le fabricant devient ainsi bienmoins encombrant, d’une longue durée, et lui permet de réaliser unegrande économie, tout en lui donnant la facilité de changer de dessinsaussi souvent qu’il peut le désirer.
Observons que dans toutes les dispositions qui précèdent, on n’évitenullement l’opération si longue et si délicate du Usage. On a eu princi-palement pour but de réduire le volume et le prix des cartons, tandis queM. Rorielli dont nous allons faire connaître l’ingénieuse découverte, ne