PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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Or, comme les broches sur lesquelles on les monte, quand on les metdans les navettes, sont généralement de forme conique, il en résultait cetinconvénient, que le tube, cylindrique à l’intérieur comme à l’extérieur,no coïncidait pas parfaitement, dans toute son étendue, avec la surface desa broche ; il ne portait réellement que d’un bout. Par suite, les fils qui lerecouvraient, pour former la cannette proprement dite, se réunissaienten pointe, et bouchaient l’extrémité du tube; de sorte que, lorsque letisserand montait sa cannette sur l’axe de la navette, il ne l’introduisaitpas toujours exactement par le centre, les fils, embarrassés vers le sommet,se rompaient et produisaient des déchets.
Avec la forme conique, qui présente plus de difficulté d’exécution quela forme cylindrique, on n’a pas cet inconvénient; les tubes portent exac-tement sur les broches, dans toute leur longueur, par conséquent ils yrestent bien adhérents et ne se dérangent pas pendant le filage; aussi lesfils y conservent leur place respective et ne s’en échappent pas.
Ce changement a donc été une véritable amélioration pour les tisse-rands, qui ne craignent plus cette cause de déchets.
La fabrication des tubes est devenue très-importante, et a augmentétout naturellement avec le nombre des filatures et des broches employées.Comme c’est un produit de peu de valeur, on ne cherche pas à le conserverpour le faire resservir; aussi il faut constamment le renouveler; de làl’énorme quantité que l’on fabrique journellement.
Cependant, depuis quelques années, on a eu l’idée de remplacer cestubes de papier par des tubes plus consistants, mais aussi plus chers etsusceptibles de se conserver. Ainsi M. Delaunay a pris un brevet, en 1852,pour des tubes en bois percés et tournés, de manière à présenter égale-ment la forme conique intérieurement comme extérieurement.
M. Steinlen s’est aussi fait breveter, en 1856, pour des tubes en caout-chouc durci, qui ont l’avantage d’être très-doux, très-unis et d’unedurée indéfinie.
MM. Motsc-h et Perrin, qui se sont adonnés d’une manière toute parti-culière à l’exploitation des tubes en papier, ont cherché à les fabriquermécaniquement. Leur premier brevet, demandé à ce sujet, date du1 er mars 1849; mais il ne fait qu’énumérer les conditions que l’appareildoit remplir, c’est-à-dire :
1° De découper des bandes de papier continu, ayant pour largeur lalongueur même que l’on veut donner aux tubes ;
2° De séparer chaque bande, en la coupant à la dimension voulue, pourformer plusieurs tours, afin que chaque tube ait l’épaisseur convenable;
3° De prendre la colle nécessaire pour la transporter sur les bords dela bande;
4° D’enrouler celle-ci sur un mandrin conique, ayant exactement lediamètre des broches, et en y faisant appliquer le papier de manière quele bord collé porte sur toute sa largeur;