FABRICATION DES TUBES CONIQUES DE PAPIER. 403
5° Enfin de projeter le tube ainsi fabriqué dans une boîte placée au-dessus de la machine.
Cet appareil d’essai, quoique r.e fonctionnant encore que par une rouede tourneur, pouvait déjà livrer, selon la déclaration de M. Motsch, 50 à60,000 tubes par journée de 12 heures, et alimentée seulement par unenfant.
Mais les inventeurs ne crurent pas devoir s’arrêter à ces premiers ap-pareils, qui laissaient sans doute encore à désirer sous le rapport de laperfection du travail et des mouvements mécaniques, comme aussi sous lerapport de la quantité. Il ne suffisait pas en effet de produire 7 à 8 foisplus qu’une ouvrière, il fallait arriver à faire mieux et beaucoup plus, pourpouvoir livrer ces produits à des prix plus bas et réaliser néanmoins desbénéfices proportionnels aux capitaux dépensés.
Les mêmes inventeurs, encouragés du reste par leurs premiers suc-cès, travaillèrent donc de nouveau et parvinrent, chacun séparément,à exécuter des machines complètes, qu’ils envoyèrent à l’Expositionde 1855.
Celle de M. Motsch a été l’objet d’un brevet spécial pris en son nomseul, dès le 24 janvier 1854, en France , puis patentée en Angleterre etailleurs en 1855, après avoir reçu les derniers perfectionnements qui ontété remarqués sur l’appareil exposé.
Cette machine comprend tous les principes essentiels que nous venonsd’énumérer, mais avec des combinaisons différentes et beaucoup plusparfaites;
Elle se distingue particulièrement sur les points suivants :
1° L’avancement du papier par intermittence ;
2" L’encollage de chaque bande sur toute sa surface ;
3° Le déchirement du papier au lieu du coupage franc ;
4° L’enroulement par adhérence ;
5° La disposition du moule-enrouleur;
6° Le dégagement très-léger des tubes;
7° Le mouvement rotatif continu du mandrin ;
8° Enfin, des dispositions mécaniques ingénieuses pour produire lesdivers mouvements.
L’auteur nous a déclaré pouvoir fabriquer, avec un tel appareil, jus-qu’à 150 mille tubes, de 35 à 05 millimètres de longueur, par journée de12 heures.
soit plus de 12,000 par heure.
Un petit garçon de 14 à 15 ans suffit pour l’alimenter, et une machine àvapeur de la force d’un cheval seulement est capable d’en faire mar-cher six.
On comprend qu’après un tel résultat, la fabrication à la main doit êtrecomplètement abandonnée.