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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
L’appareil de M. Perrin, dont le nom, suivant nous, doit rester attachéà ce genre d’industrie, comme celui de M. Motsch, à cause des idées pra-tiques, de l’intelligence et des améliorations successives qu’il y a appor-tées, se distingue également par ses heureuses combinaisons, et par la ré-gularité du travail qu’elle produit.
C’est cette dernière machine que nous avons relevée dans tous sesdétails, et que nous décrivons plus loin.
Nous citerons encore le brevet pris en 1850 pour la machine à tubes deM. Proponet. Cette machine, qui emploie également du papier continu,préalablement coupé à la largeur nécessaire et enroulé sur une espèce dedévidoir, se compose de deux rouleaux ou cylindres alimentaires qui attirentla bande et la font passer entre les mâchoires d’une cisaille pour la couperde longueur. Cette bandelette, en s’avançant ainsi, se frotte d’un côté, surune toile garnie de colle de pâte, afin de recevoir l’encollage. Elle se rendalors sur une table de caoutchouc où des mandrins à mouvement circu-laire continu la prennent et l’enroulent sur elle-même, et immédiatementaprès, le tube ainsi fini est projeté au dehors par un petit rouleau qui ledégage des mandrins. L’auteur annonce que cet appareil peut faire jusqu’à200 tubes au maximum, par minute, soit 12 mille à l’heure.
Nous croyons ne pas trop nous écarter de notre sujet, en disant quel-ques mots des ingénieuses petites machines à tubes, que nous venons devoir tout récemment chez M. Lemaire-Daimé, à Andresy .
Ce ne sont pas, à la vérité, des tubes propres à la filature, mais ils n’ensont pas moins des produits curieux comme fabrication économique. Des-tinés à former l’embouchure proprement dite des cigarettes coniques enpapier foncé, imitant les cigares, pour lesquels M. Lemaire a imaginé unmoule spécial, appelé cigarille, que tous les fumeurs connaissent, ces tubesprésentent cette particularité, que tout étant composés de plusieurs trous,la partie intérieure plus étroite que la partie extérieure ne doit pas êtrecollée, comme celle-ci; elle doit l’ester libre, au contraire, et même êtrerepliée par le bout, afin de servir à former une cloison ou séparation inté-rieure, que l’on perce ensuite d’un très-petit trou au centre.
Les machines que l’auteur a établies dans sou usine d’Andresy, pourconfectionner ces tubes spéciaux, sont d’une très-grande simplicité; il estvrai qu’elles ne fonctionnent pas par un moteur continu, mais seulementpar une pédale qu’une jeune fille peut, au reste, faire marcher aisémentavec le pied, pendant qu’elle a ses deux mains libres pour prendre lesbandes de papier (lesquelles sont préalablement découpées au balancier,puis étalées et encollées sur le bout le plus large), engager successive-ment chacune de ces bandes par le petit bout au bec d’un petit mandrinqui tourne rapidement sur lui-même pendant qu’elle fait, en même temps,approcher un rouleau de pression, qui tournant également, force la bandeà s’enrouler sur le mandrin, d’où elle ne tarde pas à être dégagée par unpetit mécanisme très-simple qui chasse le tube au-dessous.