PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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de celui-ci dans le bois: de ses calculs, il rdsulte principalement que lalongueur de la partie dentee d’une lame de scie ne doil pas ötre plus petiteque la course de cette lame, augmentee de l’epaisseur de la piece debitee,et qu’il n’y a aucun avantage ä faire acquerir de la vitesse ä l’outil avantqu’il commence ä agir.
« Belidor (1) conclut d’observations faites sur le travail journalier desscieurs de long, que le bois sec est plus difficile ä scier que le vert, dans lerapport de 2 ä 1 pour les cas ordinaires et de 4 ä 3 dans le cas du chönesec dejä vieux. 11 parait aussi resulter de ces observations que, tout etant6gal d’ailleurs, la depense de force qu’exige le sciage du bois blanc est äcelle qu’exige le chöne, dans le rapport de 1 ä 1,6 environ.
« M. Navier , dans ses Notes sur l’Architecture hydraulique de Belidor,fait ressortir la necessite , pour l’etablissement des scieries, de connaitreles quantites d’action que le sciage du bois consomrne , en möme tempsqu’il Signale l’incertitude des donnees existantes ä ce sujet. Ilenonce d’ail-leurs l’opinion que la resistance du bois varie avec la vitesse de l’outil.
« M. Ponceleta fait, dans le but de determiner ces quantites d’action oude travail mecanique , un grand nombre d’observations relatives au sciagede differentes espfeces de bois, soit par les moteurs anim4s, soit par lesmacliines. De plus, afin d’obtenir une certitcde süffisante dans les rdsultatsM. Poncelet a executd, en 1829, ä l’aide du dynamometre, quelques expe-riences directes d’oü ressort la grande influence de la qualite de l’outil:ainsi, avec une scie ä main ayant une voie constante de l mm 5, les dents(aiilees en biseau penetrent a chaque coup de 8' r ‘'“ 4. La quantite de travailmecanique necessaire pour debiter 1 metre carre de chöne sec et tres-duretait de 30,968 kilogrammetres; avec une grande lame de scierie verticale,taiilde irregulierement, la meme quantite de travail etait plus que double,quoique le bois füt moins dur; et avec la scie a crochets des scieurs delong ayant une voie d’environ 4 millimetres et penetrant ä chaque coup de0 mm 8, la quantitd de travail relative ä l’unitd de surface etait de 32,071 kilo-grammdtres, pour du chdne sec de duretd moyenne. Partant des rdsultatsde ses observations, M. Poncelet admettait, dans ses legons ä l’Ecole deMetz , que la quantite de travail mecanique du sciage etait proportionnellea la hauteur du trait et ä son epaisseur, et que pour une scie determinee,la resistance du bois croissait proportionnellement ä la pression.
«Enfin nous apprenons que M. Morin a fait, pendant l’ete dernier, un grandnombre d’experiences, dont il faut espdrer la prochaine publication (2),sur le travail des diverses machines employees dans les ateliers des Messa-geries royales, et principalement sur plusieurs scieries, tant droites quecirculaires. L’attention donnee ä cette question par tant d’hommes eminentssuffirait pour en dtablir l’importance, si eile avait besoin d’dtre ddmontree.
()) Architecture hydraulique.
(2) Les rdsultals de ces cipdriences sont consignes dans la 4e ddit. de 1’ Aide-Memoire de M. Morin.