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Tome deuxième
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PUBLIC ATION INDUSTRIELLE.

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NOTE POUR M. ARMENGAUD AINK ' ! .

Dans le courant de 1834, M. de La Moriniere, alors directeur de lamanufacture des glaces de Saint-Gobain , avait besoin de faire dresser unetable ä couler le verre, de V de long sur 2 m 73 de large.

Le contact du verre rouge produit, au bout de quelques arin^es deService, une sorte de trempe fort dure, tellement quele travail netait pra-ticable quau moyen dune machine ä raboter. II aurait fallu pour celaconstruire une machine expres, car il nen existait pas en France , ä cette£poque, capable de recevoir une piöce de cette dimension. Dejä depuislongtemps le directeur de Saint-Gobain avait pensd que pour le rabotagedes grandes piöces, telles , par exemple, que les plaques de fondation desgrandes machines navales, il fallait retourner le systhme, et faire marcherloutil en laissant la piece fixe. La table ä raboter etait dans ce cas, lalongueur de lappareil navait pas besoin dötre beaucoup plus grande quecelle de cette table, et de plus il etait plus rationnel de ne pas imprimer ächaque passe de loutil un mouvement de 4 metres ä une masse pesant plusde 12,000 kil. On saisit donc avec empressement loccasion qui se presen-tait dappliquer le nouveau mode de travail, et pour eviter la depense, onfit faire un appareil en charpente , represente dans le plan ci-joint (2). Cetappareil etait mis en mouvement ä bras dhommes, au moyen de tourni-quets, sur larbre desquels on avait place deux pignons recevant deschaines sans fin. La table avait ete placöe prealablement sur deux petitsmurs en briques; eile etait entouree dun cadre en bois portant deuxbarres de bandage de roues servant de regles directrices ä lappareilrabotant.

Malgre les imperfections de cette grossere machine, faite au milieu desbois par des ouvriers inexperimentes en m^canique, le rabotage se fit par-faitement bien.

(1) Dans notre impartialitö ä faire connailre les travaux des ingenieurs et des conslructeurs demachines, nous avons cru devoir rendre cette note publique, persuade que nos lecteurs nc verront,de nolre part, que la ferme conviction de dire la vörilö, et de rendre juslice ä qui de droit. M. de LaMoriniöre esl trop connu döjä par les nombreux Services quil a rendus ä la marine et ä lindustrie,pour que nous ayons ä parier ici de son mörite; nous dirons seulement quil serait ädesirer que tousnos ingenieurs et industriels franqais fussent dun caract&re aussi loyal, aussi franc et surlout aussinational que le sien. En donnant la description de la machine ä raboter de JVI. Cav6 (3 e livraison,tome ier), nous avons bien menlionnö M. de La Moriniöre comme ayant eu Pidee detablir des ma-chines de ce genre ä outils mobiles, mais nous navions pas alors de dale certaine, nous ne pouvionsdonc la faire connaitre.

(2) Nous navons pas cru devoir reproduire ce dessin qui esl dune simplicitö extreme, et quiprouve au moins que, lorsque le gcnie fran^ais veut soccuper de machines, il nest pas au-dessousde celui de nos voisins doulre-mer.