PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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indispensable pour la réussite des machines à river. Il faut alors, de toutenécessité, que ce canon marche indépendamment de la bouterolle, et quesa course soit différente. On peut aisément voir par les fig. 1 et 3 dudessin, que la disposition imaginée par M. Lemaître, remplit exactement cebut. II a ajusté la virole dans une forte pièce à coulisse H, qui peut glissertrès-exactement et sans jeu, entre deux coulisseaux I, et qui se trouvepressée par le bout de deux balanciers en fer forgé J, lesquels ont leurcentre d’oscillation autour du même point que le premier, et se relient, parl’autre extrémité, à la tige E du second piston à vapeur K.
Ce piston, renfermé dans un cylindre à simple effet L, d’un diamètre pluspetit que le précédent, reçoit de même directement l’action de la vapeurque l’on fait arriver au-dessous de lui, par une disposition de tiroir, detringles et de leviers analogues à ceux du premier, et qui se manœuvrentégalement par l’ouvrier chargé de diriger le travail.
II est facile de comprendre maintenant, par cette disposition, que lorsquele piston K s’élève, le canon mobile descend et vient s’appuyer très-forte-ment sur les feuilles de tôle, qui, trouvant une résistance sur le tas fixe», surlequel elles reposent, sont forcées de se joindre et de rester constammentserrées, avant que la bouterolle arrive sur elles, et pendant que celle-ciopère; ce n’est qu’après que cette dernière commence à remonter, et parconséquent que le rivet est fait, que le canon lui-même se relève.
Ainsi donc, pour faire une rivure, lorsque les deux feuilles de tôle àréunir sont placées sur la colonne horizontale A, au point voulu, commel’indique le dessin, un enfant de 10 à 12 ans introduit le rivet dans le trouqui traverse ces deux feuilles, par l’intérieur de la chaudière ou du bouil-leur que l’on veut construire, puis l’ouvrier ouvre avec vivacité le secondtiroir renfermé dans la boîte c', en tirant la tringle /, afin de laisserentrer la vapeur dans le cylindre L sous son piston; celui-ci monte aus-sitôt, et par suite, le canon mobile i descend. Dès que ce dernier est ar-rivé sur les tôles, le même ouvrier ouvre aussi rapidement le tiroir du pre-mier cylindre à vapeur G, afin de faire descendre, à son tour, la boute-rolle b, en ayant le soin de laisser encore l’autre tiroir de la boîte c' ouvert,pour que le piston K reste au haut de sa course et que le canon ne quittepas les tôles, mais reste toujours, au contraire, fortement appuyé sur elles,en les pressant sur le las fixe a.
Lorsque la rivure est faite, l’ouvrier abandonne la tringle/, pour que letiroir de la première boîte c donne issue à la vapeur, et que le piston Fredescende ; la bouterolle remonte alors comme nous l’avons vu, puis ilabandonne la tringle/', afin que le second tiroir livre également sortie à lavapeur par le tuyau d’échappement h', et que le piston K rétombe à sontour.
Avec un peu d’habitude, un ouvrier intelligent peut aisément faire cesdiverses manœuvres et commander à ses aides de changer la pièce de placeau moment voulu.