PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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par un mouvement de va et vient entre le cylindre frotteur et la toile sansfin dite tablier. Cette machine, malgré les améliorations qu’elle a subies,est restée incomplète, parce qu’elle porte dans son principe un vice orga-nique qu’il est bon de signaler ici.
Pour se maintenir, en sortant du rota-frotteur, le coton n’éprouve aucunetorsion, sa consistance est due tout simplement à la compression qu’iléprouve en passant entre les deux cuirs superposés et au frottement quien résulte. Ce moyen de compression est suffisant pour procurer au cotonassez de force pour se dérouler sur les métiers en fin, mais on remarqueraque le frottement des cuirs, s’opérant par le travers des filaments, tend àles déparalléliser ; ensuite les filaments sortant des cylindres étireurs, enforme de rubans très-minces, tendent à s’écarter dans l’espace qui lessépare des points d’étirage et de compression, par l’effet du mouvementalternatif des frotteurs ; ceux-ci les réunissent à la masse, il est vrai, maiscomme ils ont perdu leur parallélisme, ils restent crispés entre eux pourressortir en duvet sur les métiers à filer en fin, et sur la surface des filésqui restent hérissés et duvéteux (1).
Beaucoup d’autres machines ont été faites en vue d’économie, maiscomme nous n’avons pas pour but ici de faire l’historique des machines defilature, nous nous arrêterons pour donner la description du banc-à-tubesde M. Dyer de Manchester, importé en France , vers 1829, par MM. Dyerfrères, de Gamaches, et Farey, d’Essonne (2).
Tout le monde sait que lorsque les rubans de coton sont sortis du bancd’étirage, il est indispensable de leur faire subir successivement plusieursdegrés de grosseur avant de les soumettre au métier à filer en fin ; c’estdans ce but qu’on emploie le banc-à-broches en gros, et ensuite le banc-à-broches en fin. Ces deux machines ont pour objet de donner une faibletorsion aux lames de coton en les diminuant de grosseur, afin de leurdonner la force nécessaire pour se développer derrière les métiers à filer.
La machine que nous allons décrire a pour effet de réduire en une seuleopération le coton sortant des bancs d’étirage, à la grosseur voulue, pourêtre soumis à la dernière opération du métier à filer; ainsi, elle fait à lafois la fonction de banc-à-broches en gros et de banc ; à-broches en fin.
Le principe sur lequel repose l’opération du banc à-tubes est la compres-sion du coton, au moyen d’une forte torsion qui se détruit au voudage,dans un si petit espace que les filaments ne peuvent ni s’écarter, ni se dépa-ralléliser, ils forment entre eux un fil comprimé semblable à celui du rota-frotteur, moins le déparallélisme des filaments etleveluteux qui en résultent.
(1) On remarque en effet sur les cotons filés préparés par les rota-frolteurs, un duvet qui n’existepas sur ceux préparés par d’autres machines.
(2) Le brevet de quinze ans, pris à ce sujet par ces messieurs, le 31 décembre 1829, a pour titre,Machine servant à conduire à la surface des bobines ou broches, des rubans de cotou ou autresmatières propres à être filées. Ce brevet fut suivi de deux additions en décembre 1830, et juillet1834; ils viennent d’expirer avec l’année 1844.