2
PUBLICATION INDUSTRIELLE.
mer, et que si, souvent, ils nous dépassent sous le rapport des grandesconstructions, c’est parce que, plus que nous, ils sont encouragés dans leurscommandes ; que s’ils ont une grande quantité de travaux (1), c’est parcequ’ils ne font pas faire ailleurs tout ce qui peut s’exécuter chez eux, tandisque malheureusement (comme nous avons pu trop bien nous en con-vaincre par nous-même), on commande dans leur pays une foule d’objetsqu’on peut faire, qu’on sait très-bien faire chez nous (2); parce qu’enAngleterre les inventeurs, les perfectionneurs trouvent aisément des capi-taux pour essayer, pour mettre à exécution leurs inventions, leurs per-fectionnements , tandis qu’en France ils ne reçoivent d’encouragementsd’aucun côté ; parce qu’enfin, lorsque nos constructeurs sont appelés à con-courir pour les travaux du gouvernement ou des grandes sociétés, on leurimpose les conditions les plus sévères, auxquelles ils ne peuvent se sou-mettre sans d'énormes sacrifices, tandis que les constructeurs anglais sontfavorisés sous tous les rapports.
La question des chemins de fer est tout à fait à l’ordre du jour, nous au-rons donc à nous occuper tout particulièrement des nouvelles machines,des nouveaux appareils que l’on exécute pour les différentes lignes en con-struction. Nous donnons avec détails, pour commencer, les locomotives àdétente variable et à cylindres extérieurs, qui sont évidemment celles quel’on adoptera le plus généralement ; puis les nouvelles plates-formes tour-nantes, les ponts en fonte et en fer, qui devront si souvent recevoir d’heu-reuses applications. Nous parlerons des divers systèmes de chemins atmo-sphériques et à air comprimé, dont on s’occupe tant, quoique ce sujet soitencore bien neuf et exige encore bien des expériences et des études. Nouspublierons les séchoirs, les calorifères, les procédés de chauffage par l’eauchaude et par la vapeur, qui sont aujourd’hui susceptibles de prendre laplus grande extension, soit pour les établissements publics, soit pour les ate-liers ou pour les propriétés particulières. Nous continuerons à traiter desmoulins à blé, à huile, à sucre et autres ; des presses, des machines à pa-pier, des métiers de filature, des outils ; de la fabrication des cordages, deschaînes, des fils métalliques ; des blanchisseries, des fabriques de drap, detoiles, de sucres, de savons, de produits chimiques, etc., pour les partiesqu’ils présentent d’intéressant et qui ne sont pas assez connues. Nous don-nerons bientôt une nouvelle et bonne machine anglaise à nettoyer la laine,que l’on a si longtemps désirée ; le nouveau système de métier à lin de
(1) Dans le seul élablissement de MM. Sharp frères, à Manchester, on nous dit qu’il y avait enconstruction quatre-vingt-quinze locomotives, dont plusieurs pour la France et pour l’Allemagne ;aussi, nous ne vîmes de tout côté, dans les ateliers, que des pièces détachées de ccs machines qui, laplupart toutes semblables, s’exécutent tout à fait en fabrication.
(2) Chez M. Fawcett, à Liverpool, on vient d’exécuter, sur la demande de notre gouvernement, despresses hydrauliques propres à comprimer le foin, qu’un de nos ingénieurs et savants a été chargéd’aller recevoir; et cependant, il y a quinze ans, M. Chapelle, à Paris , a démontré, le premier, l’ap-plication de ces appareils en en livrant sept à huit pour l’Algérie , M. Faivre en établissait en 1832;•e depuis, en 1841, M. A. Pihet en a également exécuté plusieurs pour la marine. Nous les donneronsgvec détails.