PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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tures de laine cardée. On sait qu’elle se compose d’un tambour cylindriquearmé, sur toute sa circonférence, de broches ou dents coniques en acier,implantées perpendiculairement à la surface du cylindre, qui est recou-vert d’un chapeau fixe de même forme, et également muni de brochesconiques et pointues. La laine, jetée par un enfant sur une toile sans fin,est amenée par deux rouleaux alimentaires contre le tambour, qui tourneavec une grande rapidité; dans ce mouvement elle est ouverte par lesdents du cylindre, qui passent entre celles du chapeau, et qui enlèvent enmême temps les ordures qu’elle renferme.
MM. Farey et Georges apportèrent, en 1803, une modification à cettemachine, en donnant aux broches du tambour la forme d’une courbe, et àcelles du chapeau, une courbure inverse, au lieu de les faire droites, et enimprimant un mouvement de rotation peu rapide ; ces fabricants ont crudevoir prendre à ce sujet un brevet de cinq ans, qui est publié dans letome 2 des brevets expirés.
M. Collier, à qui la filature de laine doit d’utiles et importantes améliora-tions, se fit aussi breveter pour cinq ans, en 1814, pour une machine propreà ouvrir la laine et à séparer en même temps les gros brins des fins. Sonsystème consistait en un tambour armé de broches coniques ou pointes de3 millim. de longueur, contre lesquelles venait frotter une brosse cylin-drique dont l’objet était d’enlever de ces pointes la laine fine qui adhéraitsur sa surface, et que l’on détachait ensuite à l’aide d’un peigneur (1).
Une machine, appelée Ecarasse par l’auteur, M. Mentigny, brevetée en1825, et destinée à ouvrir la laine sortant de la teinture, pour la rendreplus facile au cardage et au droussage, avait aussi de l'analogie avec lesprécédentes, par le tambour garni de pointes, mais l’auteur y ajouta uncylindre déchargeoir, qui, également armé de pointes, s’emparait de lalaine, qu’un ventilateur, qui soufflait contre sa surface, dégageait au fur età mesure. M. Mentigny disait qu’avec un tel appareil, il pouvait travailleren vingt-quatre heures 500 kilog. de laine de toutes qualités, depuis lesplus communes jusqu’aux mérinos les plus fins (2).
Madame Renaux-Bainville avait une machine, dite pluseuse , propre ànettoyer la laine destinée à la fabrication des draps, et qui se composait éga-lement d’un tambour à dents, mais qui, de plus, contenait sur sa circonfé-rence, de distance en distance, des traverses ou battes destinées à venirsuccessivement, dans sa rotation, frapper sur la laine, tout en l’ouvrant,de manière à en dégager plus facilement la poussière qu’elle contient (3).
M. Despiau, de Bordeaux , a pris en 1826 un brevet de dix ans pour unemachine qu’il a appelée Apprêteur de laines (4), et qui est également propre
(1) Cette machine est publiée dans le tom. 7 des brevets expirés.
(2) Publiée dans le tom. 20, pag. 33.
(3) Celte pluseuse, brevetée pour cinq ans, le 24 avril 1826, est publiée dans le tom. 21, pag. 239.
(4) Tom. 32, pag. 118.