PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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crut devoir prendre une disposition analogue à celles qui avaient été em-ployées à Paris par M. Chapelle pour ses presses à vermicelle, que nousespérons publier bientôt, et à Milan , par M. Siéber père, pour ses presses àplomb, que nous donnerons très-prochainement ; c’est de placer le cylindreou corps de la presse à la partie supérieure, et de faire descendre le piston.Cette disposition présente l’avantage de mettre la caisse plus à la portée deshommes chargés de la manœuvre. Nous donnerons plus loin la descriptionde ce système.
Enfin, M. A. Pihet, en 1841, a été chargé de construire, pour la marineroyale, des presses hydrauliques capables de renfermer, dans moins d’unmètre cube, 85 à 90 bottes de foin du poids ordinaire de 4,5kilog., ce quiformait des balles de plus de 400 kilog., poids énorme qui ne rend pas lamanœuvre facile lorsqu’on n’a pas à sa disposition les appareils nécessaires.Il est vrai que pour le chargement sur navire, comme on a toujours à borddes cabestans, des treuils ou des mouffles, cette opération ne présenteaucune difficulté. Le sytème de caisse imaginé par le constructeur, dans cesmachines, est différent des deux précédents ; portée sur un chariot qui s’ap-proche tout près du corps de presse, elle s’ouvre en plusieurs parties pourretirer les espèces de tourteaux à mesure qu’ils sont comprimés. Troistourteaux semblables sont réunis par des brides en fer méplat, et serrés denouveau pour former une balle.
Avant de décrire ce système de presse, nous allons compléter cette noticepar un mémoire fort intéressant que M. Morin vient de publier dans les comp-tes-rendus de l’Académie des sciences au sujet de la compression du foin.
NOTE SUR LA COMPRESSION DU FOIN
AU MOYEN DE LA PRESSE HYDRAULIQUE , PAR M. MORIN.
« Le transport des fourrages par mer et par terre pour les besoins des arméeset du commerce présente de graves difficultés par suite de l’encombrement qu’oc-casionne cette matière, qui ne pèse guère que 60 à 65 kilogrammes le mètre cubeen magasin. Aussi, depuis longtemps, l’usage de presser le foin pour l’expédierpar mer s’est-il introduit dans les ports d’où l’on fait habituellement des envoisde chevaux et de bestiaux pour les besoins des armées ou ceux du commerce.
« Dans la campagne de Portugal , les Anglais avaient été obligés de recourir à cemoyen pour approvisionner leur cavalerie ; et depuis lors il a été conservé , dansquelques ports de mer, pour le service des colonies. En France , lors de l’expédi-tion de Morée, on embarqua aussi de grandes quantités de foin pressé, dont unepartie, ayant été rapportée plus tard, fut encore trouvée de bonne qualité à l’inté-rieur, malgré des avaries éprouvées par la surface extérieure.
« Au moment de l’expédition d’Alger , l’administration de la guerre commandaen toute hâte sept presses hydrauliques, de la force de 150,000 kilogrammes, à unmécanicien distingué de Paris (1) ; elles furent construites d’urgence avec des mon-tants et des sommiers en bois, et produisirent des balles de 0 m ,850 de longueur,
(I) M. Chapelle dont nous avons parlé plus haut. (Ar.)