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Tome cinquième.
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PUBLICATION INDUSTRIELLE. 139

demment, surtout lorsquon veut découper des bois minces, des accidents,des défauts plus ou moins multipliés.

Toutefois M. Legendarme, qui, comme nous lavons dit, est un de nosplus anciens et à la fois des plus habiles scieurs à la mécanique, a reprislidée de M. Brunei , et la perfectionnée à ce point, quaujourdhui la sciecirculaire dune grande dimension devient entre ses mains presque aussifacile à conduire quune scie à lame droite et à mouvement alternatif. Il asu lui appliquer, pour faire avancer le bois, une disposition de rouleaux àchaîne sans fin fort commode que nous avons représentée sur les fig. 12 et 13du dessin pl. 11 (1).

La scie à lame sans fin de M. Thouard est évidemment toute différentedes scies circulaires: toutefois nous devons dire aussi quelle nest pas toutà fait nouvelle, du moins, quant au principe (il en existe, depuis 1818,un petit modèle au Conservatoire des arts et métiers , et qui a été envoyépar M. Touroude); mais elle nen est pas moins très-digne dintérêt,par sa construction en général, par les moyens très-ingénieux qui y ontété appliqués pour la rendre ce quelle est actuellement. Il est vrai quedans des mains habiles comme celles des fabricants chez qui elle se trouve,et qui ont fait tous les essais, toutes les expériences nécessaires, elle nepouvait pas faire autrement que de devenir une bonne machine, qui, parsa simplicité, comme par la quantité de travail quelle produit, est appeléeà se répandre dans les différentes contrées de la France et ailleurs.

Les procédés employés pour guider la lame, pour lempêcher de gau-chir, pour la tenir bien droite et bien tendue dans la partie qui se trouveau-dessus et au-dessous du bois, sont extrêmement simples, très-rationnels,et remplissent parfaitement toutes les conditions. Il en est de même desmécanismes qui servent à faire avancer les pièces de bois , dune manièrecontinue et proportionnée à la vitesse de la lame.

En origine, il a pu sembler difficile sans doute dexécuter une lame sansfin, également lisse, également homogène dans toute son étendue ; commecette lame est la partie essentielle de toute la machine, il a fallu senoccuper sérieusement, et, depuis, le problème a été résolu dune manièrefort simple, comme nous le ferons voir bientôt, soit quon lexécute dunseul morceau, sans aucun assemblage (2), soit quon létablisse en plusieursparties que lon réunit solidement et pour ainsi dire sans rendre les jointsapparents.

De ce que lon présente les pièces de bois aux deux côtés opposés de lalame, lune se trouve sciée par la partie descendante de celle-ci, lautre estau contraire sciée par la partie qui sélève. On a pu croire quen renversant

(1) M. Legendarme est aujourdhui bien secondé par deux fils qui travaillent comme lui; ils ontobtenu, lannée dernière, un brevet dinvention pour les divers perfectionnements quils ont ap-portés aux scieries droites et circulaires.

(2) On en a vu un exemple à lexposition dernière : une fort belle lame de scie sans fin dune seulepièce y a été envoyée par la maison Gouleaux et compagnie, de Molsheim .