PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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n’eut aucun succès pratique et ne servit qu’à ouvrir les idées de ceux quitravaillaient au môme but.
On doit à MM. Kœnig, horloger allemand , et Bauer, son élève, lespremiers résultats pratiques obtenus à l’aide d’une presse mécanique,qui, étudiée pendant dix années, servit, en 1814, à l’impression du journalanglais The Times.
Dans cette machine, la forme à types était disposée de manière à semouvoir horizontalement au-dessous du cylindre à impression sur lequella feuille de papier était tenue très-serrée au moyen d’une série de cor-dons de fil, sans fin. L’encre était placée dans une boîte cylindrique d’oùelle était chassée au moyen d’une vis qui pressait sur un piston parfaite-ment ajusté; l’encre tombait ensuite entre deux rouleaux de fer, qui parleur mouvement de rotation, la transmettaient à plusieurs autres rouleauxsubjacents, lesquels avaient non-seulement un mouvement autour de leursaxes, mais encore un mouvement alternatif en travers. Ce système derouleaux égalisateurs se terminait par deux autres garnis de cuir qui appli-quaient l’encre sur les types (1).
La seconde découverte de Kœnig fut de construire une machine capabled’imprimer les deux côtés d’un journal, chaque fois que les formes com-plétaient leur passage au-dessous des cylindres, ce qui s’obtenait au moyende deux rouleaux, sur lesquels le papier s’engageait alternativement ensuivant dans sa marche à peu près la forme d’un t» horizontal. Cet appa-reil , établi en 1815 par M. T. Bensley, fut le seul que Kœnig fit construirepour imprimer des deux côtés.
En 1819 , le 19 juin, M. Amédée Durand prit un brevet d’invention de10 ans pour une nouvelle presse typographique , dans laquelle , outre unenouvelle disposition d’encrage mécanique effectuée au moyen de poulies àgorge et de cordes, l’auteur employait, pour la distribution de l’encre , unrouleau composé d’un axe en fer enduit d’une assez forte épaisseur de gé-latine. Cette ingénieuse invention, qui a donné de magnifiques résultats,est employée maintenant avec succès et constitue un des progrès les plusimportants de la typographie moderne (2). Elle fut appliquée en Angle-terre sur une machine construite pour l’Université de Cambridge , d’aprèsun système patenté dans ce pays, dès 1813, en faveur de MM. Donkin etBacon , et dont M. Burlrs prenait un brevet d’importation en France , le 17mai 1815 (3).
La disposition de cette machine repose sur l’emploi d’un prisme tournantcommandé par une roue dentée à contour polygonal et à angles arrondis.Cette méthode, de faire tourner les types autour d’un même axe pour lessoumettre successivement à l’action du cylindre imprimant , avait été ten-tée , ainsi que nous l’avons remarqué , par le premier inventeur Nicholson.
(1) Dictionnaire des Arts et Manufactures, page 3012 ( art. Imprimerie mécanique).
(2) Brevets expires, tome x, page 280.
(3) Brevets expires, tome sii, page 227.